27 juillet 2026
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Le professeur Roger-Claude Liwanga estime que la prolifération des initiatives de dialogue autour de la crise dans l’Est de la République démocratique du Congo contribue à ralentir le retour d’une paix durable. Dans une tribune publiée ce lundi 27 juillet 2026, l’universitaire plaide pour une meilleure coordination des processus de médiation afin de transformer les engagements diplomatiques en résultats concrets sur le terrain.

Spécialiste du droit et des négociations internationales à l’université Emory, Roger-Claude Liwanga analyse les différents processus diplomatiques engagés depuis la résurgence du mouvement M23 en novembre 2021. Selon lui, la succession de médiations régionales et internationales, bien qu’animée par une volonté de résoudre le conflit, souffre d’un manque de cohérence qui freine leur efficacité.

L’auteur décrit cette situation comme une dynamique de « dialogue dans le dialogue », où de nouveaux cadres de négociation sont lancés avant même que les précédents n’aient produit leurs effets.

« Chaque dialogue engendre un autre dialogue, chaque médiation appelle une nouvelle médiation, jusqu’à ce que le processus diplomatique devienne lui-même un substitut à la résolution du conflit », écrit-il.

Pour illustrer son analyse, Roger-Claude Liwanga compare les différents processus de paix à des poupées russes (matriochkas). Selon lui, les initiatives de Nairobi, de Luanda, de Washington, de Doha, de Montreux ainsi que les consultations menées par l’Union africaine et les confessions religieuses poursuivent des objectifs parfois complémentaires, mais évoluent souvent sans véritable mécanisme de coordination.

L’universitaire rappelle notamment que les négociations de Washington ont conduit à la signature de l’accord de paix du 27 juin 2025 entre la RDC et le Rwanda, tandis que les discussions de Doha entre le gouvernement congolais et l’AFC/M23 se poursuivent avec plusieurs protocoles encore inachevés. À ces initiatives s’ajoutent les consultations politiques envisagées sous l’égide de l’Union africaine ainsi que celles portées par les confessions religieuses congolaises.

Toutefois, Roger-Claude Liwanga précise que la multiplication des dialogues n’est pas, à elle seule, la cause de l’impasse actuelle. Il souligne que l’absence de volonté politique des différentes parties pour appliquer les accords conclus demeure le principal obstacle au retour de la paix. Selon lui, la coexistence de plusieurs processus parallèles, sans coordination efficace, favorise cependant une dispersion des efforts diplomatiques et retarde la mise en œuvre des engagements pris.

Dans cette perspective, l’auteur propose la création d’un mécanisme conjoint placé sous l’égide de l’Union africaine. Celui-ci aurait pour mission d’assurer la coordination des différents processus de paix, d’harmoniser les calendriers de négociation et de garantir un suivi crédible des accords déjà conclus.

« La diplomatie ne devrait pas devenir une fin en soi, mais rester ce qu’elle est censée être : un instrument au service de la résolution du conflit », conclut-il.

Alors que l’insécurité persiste dans plusieurs territoires de l’Est de la RDC, cette réflexion relance le débat sur l’efficacité des mécanismes de médiation mis en place ces dernières années. Au-delà de la multiplication des initiatives diplomatiques, l’analyse de Roger-Claude Liwanga met en avant la nécessité d’une vision commune, d’une coordination renforcée et, surtout, d’une volonté politique réelle pour traduire les engagements en actions capables de ramener durablement la paix dans la région.

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