26 juillet 2026
3-1.webp=e365-pa-nu-w2880
3 11277437762545882799

Après plusieurs décennies de menaces liées au braconnage, aux conflits armés et à l’insécurité, le Parc national de la Garamba franchit une étape historique. Réuni à Busan, en République de Corée, le Comité du patrimoine mondial de l’UNESCO a décidé de retirer ce site congolais de la liste du patrimoine mondial en péril, saluant les progrès accomplis en matière de conservation.

Cette décision, adoptée lors de la 48ᵉ session du Comité du patrimoine mondial de l’UNESCO, marque un tournant majeur pour la République démocratique du Congo et pour la protection de l’un des plus anciens parcs nationaux d’Afrique. Elle récompense plusieurs années d’efforts menés conjointement par les autorités congolaises, l’Institut congolais pour la conservation de la nature (ICCN) et leurs partenaires engagés dans la sauvegarde de cette aire protégée.

Inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO en 1980, le Parc national de la Garamba avait été placé sur la liste des sites en péril dès 1984 en raison de la dégradation de son écosystème et des menaces pesant sur sa faune exceptionnelle. Une première amélioration avait permis son retrait en 1992, avant qu’il ne soit réinscrit en 1996 à la suite de la recrudescence du braconnage et de l’insécurité dans cette partie du nord-est de la RDC.

Selon l’UNESCO, la sortie de la Garamba de cette liste traduit une amélioration durable de son état de conservation et une gestion jugée suffisamment efficace pour préserver sa valeur universelle exceptionnelle. La liste du patrimoine mondial en péril est destinée à attirer l’attention de la communauté internationale sur les sites confrontés à des menaces majeures, tout en encourageant la mise en œuvre de mesures de protection adaptées.

Cette avancée est également le résultat d’un plaidoyer engagé par le gouvernement congolais. Lors de la 16ᵉ Conférence des parties à la Convention sur la diversité biologique (COP16), organisée en novembre 2024 à Cali, en Colombie, la RDC avait officiellement demandé le retrait de la Garamba de cette liste, mettant en avant les progrès enregistrés grâce au partenariat entre l’ICCN et l’organisation African Parks, chargée de la gestion du parc depuis 2005.

Situé dans la province du Haut-Uele, à proximité de la frontière avec le Soudan du Sud, le Parc national de la Garamba couvre près de 5 000 kilomètres carrés. Depuis les années 1990, il a subi les conséquences des conflits armés et des activités de groupes rebelles, notamment l’Armée de résistance du Seigneur (LRA), responsables d’importants actes de braconnage ayant décimé des populations d’éléphants et fragilisé l’équilibre écologique du site.

Créé en 1928, le parc est reconnu pour la richesse de sa biodiversité. Il abrite notamment des éléphants, des girafes du Nord, des hippopotames, des buffles, des okapis ainsi que les derniers rhinocéros blancs du Nord ayant autrefois vécu à l’état sauvage. Ses vastes savanes, ses forêts-galeries et ses zones humides en font l’un des écosystèmes les plus remarquables du continent africain.

Le retrait du Parc national de la Garamba de la liste du patrimoine mondial en péril constitue ainsi une reconnaissance internationale des progrès accomplis en matière de conservation. Il représente également un encouragement à poursuivre les efforts de protection de ce patrimoine naturel exceptionnel, dans un contexte où la préservation de la biodiversité demeure un enjeu majeur pour la RDC et pour la communauté internationale.

Laisser un commentaire