Le professeur et politologue Bob Kabamba estime que la dynamique de l’AFC/M23 repose sur une

Le professeur et politologue Bob Kabamba estime que la dynamique de l’AFC/M23 repose sur une complémentarité entre une branche politique et une branche militaire. Selon lui, la solidité de cette alliance sera déterminante pour l’avenir du mouvement rebelle et son éventuelle évolution sur la scène politique congolaise.
Intervenant vendredi lors du Space Live animé par le journaliste Stanis Bujakera Tshiamala, Bob Kabamba a livré son analyse de la structuration interne de l’Alliance Fleuve Congo (AFC) et du Mouvement du 23 mars (M23), qui contrôlent une partie des territoires de l’est de la République démocratique du Congo.
Pour le politologue, le mouvement fonctionne actuellement autour de deux composantes aux rôles distincts mais complémentaires.
« Ce mouvement est composé de deux groupes bien identifiés : le M23 et l’AFC », a-t-il expliqué, précisant que le M23 constitue le pôle sécuritaire, tandis que l’AFC assure le volet politique chargé de porter les revendications du mouvement.
Selon lui, cette répartition des responsabilités constitue, à ce stade, l’un des principaux atouts de l’organisation.
« Le politique est là pour accompagner le sécuritaire. Son rôle est d’apporter les revendications. Le sécuritaire, lui, est là pour avancer et conquérir », a-t-il déclaré, estimant qu’à un certain moment, le leadership politique pourrait progressivement prendre davantage de place dans la conduite du mouvement.
Bob Kabamba considère toutefois que la pérennité de cette alliance dépendra de la capacité des deux composantes à préserver leur cohésion.
« Si le mariage entre ces deux pôles tient, je pense que ça va consolider le mouvement », a-t-il affirmé. À l’inverse, des divergences stratégiques ou organisationnelles pourraient, selon lui, conduire à une séparation entre les deux structures, chacune poursuivant alors ses propres objectifs.
Évoquant les perspectives politiques de l’AFC/M23, le professeur estime que l’évolution du mouvement passera davantage par un rapport de force que par un dialogue classique.
« À mon avis, ça ne sera pas par le dialogue », a-t-il soutenu, jugeant que si les deux ailes restent unies et parviennent à accroître leur influence, elles pourraient s’imposer comme un interlocuteur incontournable face au pouvoir de Kinshasa.
Dans cette hypothèse, Bob Kabamba n’exclut pas une issue déjà observée à plusieurs reprises dans l’histoire politique et sécuritaire de la RDC. Il estime que certains responsables politiques de l’AFC pourraient intégrer les institutions nationales, tandis que des combattants du M23 pourraient être incorporés dans les forces de sécurité de l’État.
Cette analyse intervient dans un contexte où les efforts diplomatiques visant à ramener la paix dans l’est du pays se poursuivent, alors que les affrontements impliquant l’AFC/M23 continuent d’alimenter une crise sécuritaire et humanitaire qui affecte des milliers de civils dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu. Les déclarations de Bob Kabamba apportent ainsi un éclairage sur les dynamiques internes du mouvement et sur les scénarios qu’il juge envisageables pour son évolution dans les mois à venir.
