
À l’approche de la marche annoncée par la Coalition de l’Article 64 (C64) pour le 8 juillet prochain à Kinshasa, le secrétaire général de l’UDPS, Augustin Kabuya, hausse le ton. Le responsable du parti présidentiel affirme que cette mobilisation cacherait un projet de déstabilisation de la capitale, des accusations qui interviennent dans un contexte politique déjà marqué par de fortes tensions.
Le climat politique reste tendu en République démocratique du Congo à quelques semaines de la marche projetée par la Coalition de l’Article 64 (C64). Prévue le 8 juillet prochain avec comme point de chute le Palais de la Nation, cette manifestation suscite déjà de vives réactions au sein de la majorité présidentielle.
Lors d’une intervention publique, Augustin Kabuya, secrétaire général de l’Union pour la Démocratie et le Progrès Social (UDPS), a exprimé ses inquiétudes quant aux intentions qu’il prête aux organisateurs de cette mobilisation. Il a notamment appelé les services de sécurité à faire preuve de vigilance afin d’éviter tout trouble à l’ordre public.
Selon le dirigeant de l’UDPS, la marche envisagée par la C64 poursuivrait des objectifs autres que ceux officiellement annoncés. Il estime que cette initiative s’inscrirait dans une stratégie visant à provoquer une agitation populaire dans la capitale congolaise.
« L’opposition cherche à créer un soulèvement à Kinshasa. Ils ont échoué dans cette mission le 12 juin dernier lors de leur sit-in », a déclaré Augustin Kabuya.
Le secrétaire général du parti présidentiel a également affirmé que certains groupes auraient été mobilisés pour participer à cette action. Il a évoqué l’existence présumée d’individus armés de machettes et accusé certains acteurs de préparer des actes de violence ciblant notamment des représentations diplomatiques situées dans la commune de la Gombe.
« Ils n’ont pas d’autre mission que de créer un soulèvement à Kinshasa », a-t-il insisté.
À ce stade, aucune preuve indépendante n’a été rendue publique pour corroborer ces allégations. Les responsables de la Coalition de l’Article 64 n’avaient pas encore réagi officiellement aux accusations formulées par Augustin Kabuya au moment de la rédaction de cet article.
Cette sortie intervient dans un contexte marqué par une montée des tensions entre la majorité au pouvoir et plusieurs composantes de l’opposition. Les débats autour d’une éventuelle révision de la Constitution, les récentes manifestations politiques ainsi que les divergences sur la gouvernance du pays alimentent depuis plusieurs semaines un climat de confrontation politique.
La marche du 8 juillet est présentée par ses initiateurs comme une action citoyenne destinée à faire entendre leurs revendications sur plusieurs questions d’intérêt national. Toutefois, les déclarations du secrétaire général de l’UDPS témoignent de la méfiance qui entoure désormais cette mobilisation.
Face à cette situation, plusieurs observateurs appellent au respect des libertés publiques tout en soulignant la nécessité pour les autorités de garantir la sécurité des personnes et des biens. Le défi pour les institutions compétentes sera de concilier l’exercice du droit constitutionnel de manifester avec les impératifs du maintien de l’ordre public.
À mesure que l’échéance du 8 juillet approche, les regards restent tournés vers les organisateurs de la marche, les autorités administratives et les services de sécurité. L’évolution de ce dossier pourrait constituer un nouveau test pour le climat politique congolais, dans un contexte où chaque mobilisation publique est scrutée avec une attention particulière.
