
Les tensions entre certains acteurs politiques et l’Église catholique connaissent un nouvel épisode en République démocratique du Congo. Le secrétaire général de l’UDPS, Augustin Kabuya, a remis en cause la légitimité de Mgr Donatien Nshole à s’exprimer sur certaines questions nationales, provoquant de vives réactions dans l’opinion.
Le débat sur le rôle des responsables religieux dans la vie publique congolaise s’est invité une nouvelle fois au cœur de l’actualité politique. Samedi 20 juin 2026, le secrétaire général de l’Union pour la Démocratie et le Progrès Social (UDPS), Augustin Kabuya, s’est attaqué à Mgr Donatien Nshole, secrétaire général de la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO), à travers une série de déclarations qui continuent de faire réagir.
Dans des propos relayés sur plusieurs plateformes médiatiques et les réseaux sociaux, le dirigeant du parti présidentiel a contesté la légitimité du prélat à intervenir dans le débat national, notamment sur les questions politiques et institutionnelles.
« Il n’a aucun mandat pour parler au nom de qui que ce soit », a déclaré Augustin Kabuya, estimant que le responsable de la CENCO ne dispose d’aucune représentation populaire lui permettant de s’exprimer au nom des Congolais.
Poursuivant son argumentation, le secrétaire général de l’UDPS a également évoqué le statut personnel du prélat catholique.
« Il n’est même pas marié pour dire qu’il parle au nom de sa famille, de sa femme ou de ses enfants », a-t-il affirmé.
Ces déclarations interviennent dans un contexte marqué par des divergences de plus en plus visibles entre certains responsables politiques et l’Église catholique, particulièrement autour du débat sur une éventuelle révision de la Constitution. Ces derniers jours, la CENCO a officiellement exprimé son opposition à une modification de la Loi fondamentale, affirmant ne voir « ni la nécessité, ni l’urgence, ni l’opportunité » d’un tel processus dans le contexte actuel.
Depuis plusieurs décennies, l’Église catholique joue un rôle important dans la vie sociale et politique de la RDC. Au-delà de sa mission spirituelle, elle intervient régulièrement dans les débats liés à la gouvernance, aux élections, à la paix et aux droits humains. Cette présence dans l’espace public lui vaut aussi bien des soutiens que des critiques de la part des acteurs politiques.
Pour de nombreux observateurs, la sortie d’Augustin Kabuya traduit la persistance des tensions entre certaines composantes du pouvoir et des responsables ecclésiastiques dont les prises de position influencent souvent le débat national. Elle intervient également dans un climat politique marqué par les discussions autour des réformes institutionnelles et les divergences d’appréciation sur les priorités du pays.
Au-delà de la polémique suscitée par ces propos, cette controverse remet en lumière la question de la place des confessions religieuses dans le débat démocratique congolais. Entre liberté d’expression, responsabilité morale et engagement citoyen, le sujet continue de diviser la classe politique et l’opinion publique.
Alors que les réactions se multiplient, cette nouvelle passe d’armes illustre la sensibilité des relations entre le monde politique et les autorités religieuses en RDC. Elle témoigne également de l’intensité des débats qui entourent actuellement l’avenir institutionnel du pays.
