
L’Archidiocèse de Kinshasa dénonce l’occupation sans autorisation de l’esplanade de l’Archevêché par un groupe se réclamant de la Force du Progrès. L’incident intervient dans un contexte de tensions croissantes entre l’Église catholique et certains acteurs politiques autour du débat sur la révision de la Constitution et de la situation sociopolitique du pays.
Une nouvelle polémique secoue les relations entre l’Église catholique et des militants proches du pouvoir à Kinshasa. Dans un communiqué publié samedi 20 juin 2026, l’Archidiocèse de Kinshasa a dénoncé l’occupation de l’esplanade située devant l’Archevêché par un groupe d’individus se présentant comme membres de la Force du Progrès, une structure généralement associée à des militants de l’Union pour la Démocratie et le Progrès Social (UDPS).
Selon le document signé par l’abbé Clet-Clay Mamvemba, secrétaire-chancelier de l’Archidiocèse, les faits se sont produits dans la matinée du samedi. Les personnes concernées auraient installé sur le site plusieurs insignes et symboles du parti présidentiel sans autorisation préalable.
L’Église affirme avoir demandé aux occupants de libérer les lieux. D’après le communiqué, cette démarche aurait été suivie d’échanges tendus marqués par des propos injurieux et des menaces à l’endroit de certaines autorités ecclésiastiques.
Face à cette situation, la Police nationale congolaise est intervenue pour rétablir l’ordre. L’Archidiocèse précise qu’aucun incident majeur n’a finalement été enregistré et a salué la rapidité de l’intervention des services de sécurité.
Dans sa réaction, l’Église catholique qualifie cet acte de « provocation inacceptable » et estime qu’il constitue une atteinte au droit de propriété ainsi qu’au caractère sacré des lieux de culte.
Cette affaire survient quelques heures seulement après la clôture de l’Assemblée plénière extraordinaire de la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO), tenue à Kinshasa du 18 au 20 juin. Au cours de cette rencontre, les évêques catholiques se sont longuement penchés sur la situation sécuritaire, sociale et politique du pays.
Dans leur message final, les prélats ont notamment exprimé leurs inquiétudes face à ce qu’ils considèrent comme une détérioration du climat démocratique. Ils ont également dénoncé la répression de certaines manifestations de l’opposition et réaffirmé leur opposition à toute initiative visant la modification de la Constitution du 18 février 2006.
Les évêques estiment ne voir « ni la nécessité, ni l’urgence, ni l’opportunité » d’une révision constitutionnelle dans le contexte actuel. Ils ont par ailleurs appelé le président Félix Tshisekedi à respecter son serment de défendre la Constitution.
L’incident de l’Archevêché intervient donc dans un environnement particulièrement sensible où les prises de position de la CENCO sur les questions politiques suscitent régulièrement des réactions au sein de différents camps.
À ce stade, aucune déclaration officielle de la Force du Progrès ou de l’UDPS n’a été rendue publique concernant les accusations formulées par l’Archidiocèse de Kinshasa. Les circonstances exactes de cette occupation et les motivations des personnes impliquées pourraient faire l’objet d’éclaircissements dans les prochains jours.
En attendant, l’Église appelle les fidèles au calme, à la vigilance et à la prière, tout en exhortant les autorités compétentes à garantir la protection des lieux de culte ainsi que le respect des libertés fondamentales. Cet épisode illustre une fois de plus les tensions qui accompagnent le débat politique actuel en RDC, à l’approche de nouvelles échéances institutionnelles.
