
La République démocratique du Congo a officiellement introduit une requête devant la Cour internationale de Justice (CIJ) contre la République du Rwanda. Dans un document consulté par l’équipe rédactionnelle de Yoka Infos ce samedi 27 juin 2026, le gouvernement congolais affirme vouloir faire reconnaître la responsabilité internationale de Kigali pour des violations présumées du droit international commises sur le territoire congolais.
La République démocratique du Congo franchit une nouvelle étape sur le terrain judiciaire international dans le dossier du conflit qui oppose Kinshasa à Kigali. Le gouvernement congolais a annoncé avoir saisi la Cour internationale de Justice (CIJ) d’une requête visant la République du Rwanda, qu’il accuse de violations de plusieurs conventions internationales relatives aux droits humains et au droit international humanitaire.
Selon le document consulté par Yoka Infos, cette procédure a été engagée le vendredi 26 juin 2026. À travers cette action, la RDC demande à la juridiction basée à La Haye de constater la responsabilité internationale du Rwanda pour des faits qu’elle estime constitutifs de graves violations du droit international.
La requête s’appuie notamment sur plusieurs instruments juridiques internationaux, dont la Convention pour la prévention et la répression du crime de génocide de 1948, la Convention internationale sur l’élimination de toutes les formes de discrimination raciale de 1965, la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes de 1979 ainsi que la Convention contre la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants de 1984.
Dans son argumentaire, le gouvernement congolais affirme que, depuis plus de trois décennies, les populations civiles de l’Est de la RDC sont victimes de massacres, d’exécutions extrajudiciaires, de violences sexuelles, de tortures, de déplacements forcés et d’autres atteintes graves aux droits fondamentaux. Le document soutient que ces exactions seraient liées aux interventions des forces rwandaises ou de groupes armés que Kinshasa accuse d’être soutenus, dirigés ou contrôlés par Kigali.
Le communiqué cite notamment plusieurs mouvements armés ayant opéré sur le territoire congolais, parmi lesquels l’Alliance des forces démocratiques pour la libération du Congo (AFDL), le Rassemblement congolais pour la démocratie (RCD), le Congrès national pour la défense du peuple (CNDP) ainsi que le Mouvement du 23 mars/Alliance Fleuve Congo (M23/AFC).
Par cette saisine, la RDC sollicite de la Cour internationale de Justice qu’elle reconnaisse la responsabilité du Rwanda, ordonne la cessation des actes jugés illicites, prescrive des garanties de non-répétition et accorde une réparation intégrale à l’État congolais ainsi qu’aux victimes des violences.
Le gouvernement insiste également sur son attachement au règlement pacifique des différends entre États et à la primauté du droit international. Il affirme placer sa confiance dans la Cour internationale de Justice pour examiner cette requête et contribuer à la lutte contre l’impunité des violations les plus graves du droit international.
Cette initiative judiciaire intervient dans un contexte où la RDC multiplie les démarches diplomatiques et juridiques sur la scène internationale afin d’obtenir la reconnaissance des souffrances endurées par les populations de l’Est du pays et de renforcer les mécanismes de responsabilité. La suite de la procédure dépendra désormais de l’examen de la requête par la Cour internationale de Justice, ainsi que des différentes étapes contradictoires prévues par son règlement.
Augustin BAFWASENDE
