
Réunis à Kananga ce lundi 15 juin 2026, les chefs coutumiers du Kasaï-Central ont affiché leur soutien au projet de changement de la Constitution porté dans le débat public national.
À travers un mémorandum adressé au Président Félix Tshisekedi, ils proposent que les futures assises consacrées à cette réforme se tiennent dans la capitale provinciale du Kasaï-Central.Le débat autour de l’avenir de la Constitution congolaise continue de susciter des prises de position à travers le pays.
À Kananga, les autorités coutumières du Kasaï-Central ont officiellement exprimé leur adhésion à l’idée d’un changement de la loi fondamentale, tout en plaidant pour que leur province joue un rôle central dans ce processus.
Réunis sous la bannière de l’Alliance des Autorités Traditionnelles du Congo (AATC), plusieurs chefs coutumiers ont remis un mémorandum au gouverneur du Kasaï-Central, Joseph Moïse Kambulu. Le document est destiné au Président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo.
Dans leur démarche, les autorités traditionnelles affirment soutenir l’organisation d’assises nationales susceptibles d’aboutir à l’élaboration d’une nouvelle Constitution. Elles estiment que Kananga dispose d’une légitimité historique pour accueillir ces travaux, en référence à la célèbre Constitution de Luluabourg adoptée en 1964 dans cette même ville.
Pour les signataires du mémorandum, le choix de Kananga constituerait un symbole fort dans le cadre d’une réflexion nationale sur l’avenir institutionnel du pays. Ils considèrent que cette ville a déjà marqué l’histoire constitutionnelle de la RDC et pourrait à nouveau servir de cadre à un dialogue d’envergure nationale.
La délégation était conduite par le chef Kalala Ka Tshishimbi, président de l’AATC dans la province. Les participants ont également mis en avant le rôle des autorités coutumières dans la consolidation de la paix, la cohésion sociale et l’accompagnement des réformes institutionnelles.
En recevant le document, le gouverneur Joseph Moïse Kambulu a salué ce qu’il a qualifié de démarche patriotique. Il a assuré que le mémorandum serait transmis aux autorités compétentes afin que son contenu soit examiné dans le cadre des discussions en cours.Cette prise de position intervient dans un contexte où la question d’une éventuelle réforme constitutionnelle continue d’alimenter le débat politique national.
Alors que certains acteurs soutiennent l’idée d’une adaptation des institutions aux réalités actuelles du pays, d’autres, notamment dans l’opposition et au sein de la société civile, expriment leurs réserves et appellent au respect de la Constitution en vigueur.
Au-delà de la question du changement constitutionnel, l’initiative des chefs coutumiers du Kasaï-Central traduit la volonté de certaines autorités traditionnelles de participer davantage aux grandes réflexions qui engagent l’avenir du pays. Reste à savoir quelle place leur proposition occupera dans le processus politique qui se dessine autour de cette question sensible.
Par : Doly MUNTU
