
Une tentative d’incendie a visé, dans la nuit du vendredi 19 au samedi 20 juin 2026, le bâtiment d’isolement du Centre de Santé de Kanzulinzuli à Beni, au Nord-Kivu. Les acteurs sanitaires dénoncent une nouvelle attaque contre les structures engagées dans la lutte contre Ebola et craignent une aggravation de l’insécurité autour de la riposte.
La ville de Beni a été le théâtre d’un nouvel acte de violence visant une infrastructure sanitaire engagée dans la lutte contre l’épidémie d’Ebola. Dans la nuit du vendredi 19 au samedi 20 juin 2026, des individus non identifiés ont tenté d’incendier le bâtiment d’isolement du Centre de Santé de Kanzulinzuli, une structure utilisée dans la prise en charge et la surveillance des cas suspects de la maladie.
Selon des sources sanitaires locales, l’attaque s’est produite aux environs de 2 heures du matin. Les assaillants auraient essayé de mettre le feu à cette installation spécialisée avant de prendre la fuite. Grâce à une intervention rapide, l’incendie a pu être maîtrisé avant de provoquer d’importants dégâts matériels.
Les circonstances exactes de cet incident demeurent encore floues. Les autorités compétentes ont ouvert des investigations afin d’identifier les auteurs de cette tentative d’incendie et de déterminer leurs motivations.
Cette attaque intervient dans un contexte particulièrement tendu marqué par la recrudescence des actes hostiles contre les structures sanitaires et les équipes engagées dans la riposte contre Ebola dans la région de Beni. Ces dernières semaines, plusieurs incidents ont été signalés, alimentant les inquiétudes des professionnels de santé.
Parmi les faits les plus récents figurent les agressions de deux agents de santé par des individus se présentant comme des « résistants à la riposte ». Ces derniers accusent les équipes médicales d’être responsables de l’introduction du virus dans la communauté, une thèse rejetée par les spécialistes de la santé publique.
Les acteurs sanitaires dénoncent une campagne de désinformation qui fragilise les efforts déployés pour contenir l’épidémie. Selon eux, les rumeurs et les fausses informations contribuent à renforcer la méfiance d’une partie de la population envers les interventions médicales.
Face à cette situation, plusieurs responsables sanitaires appellent les autorités à renforcer la protection des centres de santé ainsi que du personnel médical. Ils estiment que les attaques répétées contre les infrastructures de soins risquent de compromettre la prise en charge des malades et les opérations de surveillance épidémiologique.
Les professionnels de santé exhortent également la population à collaborer avec les équipes de riposte et à privilégier les informations provenant de sources officielles. Pour eux, la lutte contre Ebola ne peut être efficace sans l’adhésion des communautés locales.
Alors que les enquêtes se poursuivent pour faire la lumière sur cette tentative d’incendie, les acteurs sanitaires redoutent que la multiplication des violences ne vienne davantage compliquer la réponse à l’épidémie. Ils rappellent que la protection des structures médicales demeure une condition essentielle pour garantir la continuité des soins et préserver la santé des populations.
Par : Delphin ANECO
