6 septembre 2026
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Le gouverneur du Haut-Uélé, Jean Bakomito Gambu, a soutenu ce samedi 5 septembre 2026 son mémoire de Diplôme d’Études Supérieures (DES) à l’Université de Kisangani (UNIKIS). À cette occasion, il a également livré une réflexion sur les difficultés persistantes de la riposte contre Ebola, insistant notamment sur la surveillance des mouvements de populations, la protection des équipes et l’implication des communautés.

Au cours de son intervention, Jean Bakomito a appelé à une meilleure articulation entre les stratégies nationales et les réalités locales de la riposte. Il a notamment évoqué les déplacements de personnes par voie fluviale vers Kisangani, puis vers Kinshasa, qui compliquent, selon lui, le suivi des voyageurs et l’identification des contacts.

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Le gouverneur a particulièrement insisté sur la question des manifestes des embarcations. Il a donné l’exemple d’embarcations où le nombre réel de passagers serait largement supérieur à celui déclaré dans les documents de voyage.

« On vous envoie un manifeste de 200 personnes, mais à l’intérieur, il y a 900 personnes », a-t-il déploré, estimant que cette situation pose à la fois un problème de sécurité et un risque sanitaire dans le contexte de l’épidémie.

Face à cette situation, il a évoqué le renforcement des moyens de contrôle sur certains points stratégiques, notamment autour de l’île Bertha, afin de vérifier les manifestes et d’identifier les personnes effectivement présentes à bord.

Jean Bakomito a également plaidé pour une meilleure protection des acteurs engagés dans la riposte. Il a déploré les agressions visant certains intervenants ainsi que la destruction d’équipements destinés à la prise en charge des malades, appelant les services de l’État à renforcer la sécurisation des équipes tout en respectant les droits humains.

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Pour le gouverneur, l’adhésion de la population constitue toutefois l’un des principaux défis.

« Une réponse communautaire sera plus forte qu’une réponse médicalisée », a-t-il soutenu, appelant les différents acteurs à renforcer la sensibilisation et la confiance des communautés envers les équipes sanitaires.

Son intervention a également mis en lumière les difficultés rencontrées dans certaines structures sanitaires privées. Jean Bakomito a appelé à une vigilance accrue dans ces établissements, évoquant des situations où des patients peuvent être orientés tardivement vers les structures spécialisées après avoir fréquenté plusieurs formations médicales.

Cette problématique intervient alors que l’épidémie d’Ebola continue de peser lourdement sur le système sanitaire congolais. Les données nationales rapportées au début du mois de septembre faisaient état de plus de 6 000 cas confirmés et de plus de 3 000 décès à travers plusieurs provinces, avec des difficultés persistantes liées notamment à la surveillance et à l’accès rapide aux soins.

À Kisangani, les données présentées au cours de la rencontre faisaient pour leur part état de 19 cas confirmés dans la Tshopo, avec 11 personnes vivantes, six guérisons et deux agents de première ligne touchés. Sept zones de santé et 16 aires de santé étaient alors concernées, selon les chiffres communiqués par l’équipe de riposte.

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Au-delà de ces questions sanitaires, la journée du 5 septembre était avant tout consacrée au parcours académique du gouverneur du Haut-Uélé. Sa soutenance s’est tenue à l’UNIKIS, institution publique d’enseignement supérieur et de recherche implantée à Kisangani.

Cette soutenance intervient par ailleurs dans un contexte où l’UNIKIS accorde une attention particulière aux travaux du troisième cycle. En juillet dernier, son recteur avait annoncé de nouvelles mesures concernant notamment les dossiers de soutenance de DEA, DES et doctorat.

En associant son parcours académique à un plaidoyer sur les enjeux sanitaires actuels, Jean Bakomito a ainsi mis l’accent sur trois priorités dans la lutte contre Ebola : renforcer la surveillance, protéger les acteurs de la riposte et obtenir une adhésion plus forte des communautés.

Source : YOKA INFOS

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