6 septembre 2026
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En mission dans le Kongo Central, le ministre d’État, ministre de la Justice et garde des Sceaux, Guillaume Ngefa Atondoko Andali, a découvert une forte surpopulation à la prison centrale de Mbanza-Ngungu. L’établissement, conçu pour accueillir 150 personnes, compte actuellement 427 détenus, dans des conditions marquées notamment par le manque d’espace et d’équipements adaptés.

La situation a été constatée mercredi 2 septembre 2026, lors de la visite du ministre dans cette maison carcérale. Selon le directeur de la prison, Trésor Malonda Nsanga, les 427 détenus comprennent 191 prévenus et 236 condamnés, parmi lesquels sept femmes et deux mineurs.

Installée dans une ancienne maternité, la prison peine à assurer une séparation adéquate entre les différentes catégories de personnes détenues. Si les femmes disposent d’un espace distinct, les prévenus et les condamnés cohabitent, tandis que les mineurs ne bénéficient pas d’un quartier spécialement aménagé.

La surpopulation s’accompagne de difficultés matérielles importantes. Faute de couchettes suffisantes, plusieurs détenus seraient contraints de dormir à même le sol. Les installations sanitaires sont également jugées insuffisantes.

Selon la direction de l’établissement, les détenus ne reçoivent actuellement qu’un repas par jour. La situation sanitaire constitue également une source de préoccupation, des cas de tuberculose et de choléra ayant été signalés au sein de la prison.

Le poste de santé de l’établissement assure principalement les premiers soins, tandis que les détenus nécessitant une prise en charge plus importante sont orientés vers l’Hôpital général de référence de Mbanza-Ngungu. La direction affirme par ailleurs que la prison n’a plus reçu de subventions depuis cinq mois.

Ces difficultés interviennent alors que le gouvernement congolais affiche sa volonté de réformer le système pénitentiaire. Guillaume Ngefa avait déjà reconnu, en août, que la surpopulation, l’alimentation, l’accès aux soins et l’hygiène demeuraient parmi les principaux défis des établissements pénitentiaires du pays.

La visite de Mbanza-Ngungu s’inscrit dans une mission plus large entamée le 1er septembre dans le Kongo Central. À Madimba, le ministre s’était notamment intéressé à l’ancien établissement de garde et d’éducation destiné aux enfants en conflit avec la loi, aujourd’hui fortement dégradé.

Pour Guillaume Ngefa, ces déplacements doivent permettre à l’administration centrale de mieux mesurer les réalités auxquelles sont confrontés les acteurs judiciaires et les justiciables.

« C’est un devoir pour moi de venir à la périphérie, pas au centre, mais à la périphérie, et aussi d’être à proximité de la réalité de l’administration de la justice, pour voir un peu comment cette justice est rendue », a-t-il déclaré.

Le ministre a également défendu l’idée de développer des complexes judiciaires modernes regroupant, dans un même espace, tribunaux, parquets, salles d’audience, maisons d’arrêt et logements pour les magistrats. Cette approche vise notamment à améliorer les conditions de travail et à rapprocher les services judiciaires des populations.

À Mbanza-Ngungu, l’écart entre la capacité théorique de la prison et son effectif actuel illustre ainsi l’ampleur du défi auquel reste confrontée l’administration pénitentiaire. Le ministère de la Justice devra désormais traduire les constats effectués sur le terrain en mesures concrètes pour réduire la surpopulation et améliorer les conditions de détention.

Source : YOKA INFOS

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