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Le gouvernement congolais engage une nouvelle étape dans la préparation du budget 2027 avec le lancement des réunions d’arbitrage sur les prévisions de recettes. Le vice-Premier ministre en charge du Budget, Adolphe Muzito, veut notamment renforcer la mobilisation des ressources intérieures afin de porter les recettes courantes à 18 milliards de dollars américains.

Les travaux ont débuté mardi 18 août 2026 à Kinshasa, dans le cabinet du ministre du Budget. Ils réunissent plusieurs membres du gouvernement et des représentants des secteurs appelés à contribuer davantage au financement de l’action publique, notamment les Mines, l’Environnement, les Transports, les Postes, Télécommunications et Numérique ainsi que le Portefeuille.

Cette phase intervient après les conférences de performance et les conférences budgétaires organisées en juillet. Elle doit permettre de confronter les prévisions des différentes administrations aux capacités réelles de mobilisation des recettes et d’arrêter les grandes orientations qui serviront à l’élaboration de l’avant-projet de loi de finances pour 2027.

L’objectif affiché par le gouvernement est ambitieux : atteindre 18 milliards USD de recettes courantes en 2027, contre une projection de 15,3 milliards USD pour 2026. À plus long terme, l’exécutif vise 40 milliards USD de recettes courantes à l’horizon 2035.

Pour y parvenir, le ministère du Budget mise notamment sur l’élargissement de l’assiette fiscale, l’identification de nouvelles sources de revenus et l’amélioration du recouvrement des créances de l’État. Le gouvernement entend également renforcer la traçabilité des flux financiers et améliorer la fiabilité des prévisions budgétaires.

Le secteur minier figure parmi les principaux leviers identifiés. Le ministre des Mines, Louis Watum, a notamment souligné l’importance de disposer de moyens suffisants pour permettre aux services concernés de renforcer leur présence sur le terrain et de limiter les pertes de recettes.

L’Environnement est également appelé à accroître sa contribution. Le gouvernement prévoit notamment de mobiliser 300 milliards de francs congolais en 2027 dans ce secteur, en s’appuyant entre autres sur le crédit carbone et une meilleure valorisation économique des ressources naturelles.

Les Postes, Télécommunications et Numérique devraient, eux aussi, participer à cette dynamique à travers la recherche de nouvelles recettes liées au développement de l’économie numérique. Le secteur des Transports fait également partie des domaines concernés par les arbitrages en cours.

Autre changement annoncé : le Trésor public devrait davantage prendre en charge les missions de contrôle sur le terrain. Cette orientation vise à rapprocher les administrations fiscales des réalités économiques, à améliorer le suivi des assujettis et surtout à réduire les pertes de recettes.

Au-delà des chiffres, le processus intervient à un moment important de la réforme de la gestion publique. Le budget 2027 doit en effet constituer une étape supplémentaire vers l’entrée en vigueur effective du budget-programme prévue le 1er janvier 2028. Cette approche entend davantage relier les ressources publiques mobilisées aux objectifs et aux résultats attendus des administrations.

Le défi pour le gouvernement sera désormais de transformer ces projections en recettes effectivement encaissées. La crédibilité du futur budget dépendra notamment de la capacité de l’État à améliorer le recouvrement, à élargir durablement l’assiette fiscale, à maîtriser les dépenses et à renforcer la transparence dans la gestion des ressources publiques.

Les arbitrages lancés par Adolphe Muzito doivent ainsi permettre de préciser les contours de l’avant-projet de budget 2027 avant sa poursuite dans le processus institutionnel prévu par la législation congolaise.

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