
À l’occasion de la Journée nationale du Génocost célébrée ce dimanche 2 août à Kisangani, l’activiste pro-démocratie et militant du mouvement citoyen LUCHA, Gentil SEFU, a appelé à une mobilisation citoyenne en faveur de la reconnaissance internationale du Génocost. Devant plusieurs autorités provinciales et des centaines de participants, il a également plaidé pour que les victimes des conflits en République démocratique du Congo obtiennent enfin justice et réparation.
Figure de la société civile et l’un des initiateurs de la commémoration du Génocost à Kisangani, Gentil SEFU a profité de cette journée de mémoire pour revenir sur les origines du concept de « Génocost » et sensibiliser les Congolais à l’importance de soutenir les démarches visant à faire reconnaître, sur le plan international, les crimes commis en République démocratique du Congo.

Prenant la parole devant les participants réunis au rond-point du Canon, l’activiste a expliqué que le terme « Génocost » résulte de l’association des mots « génocide » et « cost » (coût), afin de mettre en évidence le lourd tribut humain payé par les Congolais dans des conflits qu’il estime liés à l’exploitation des ressources naturelles du pays.
« Chez nous, nous parlons de Génocost parce qu’il s’agit d’un génocide dont le coût économique est immense. Depuis près de trente ans, notre pays est victime d’une guerre d’agression qui continue de faire des milliers de morts et de provoquer d’innombrables souffrances », a-t-il déclaré.
Au cours de son intervention, Gentil SEFU est revenu sur les principales étapes des conflits qui secouent la RDC depuis la fin des années 1990. Selon lui, le 2 août revêt une portée historique particulière puisqu’il marque le début de la Deuxième Guerre du Congo en 1998, un conflit impliquant plusieurs pays africains et dont les conséquences continuent de se faire sentir aujourd’hui.
« Le 2 août n’a pas été choisi au hasard. Cette date marque le début de la Deuxième Guerre du Congo, également appelée guerre internationale africaine. Malheureusement, cette guerre continue encore aujourd’hui sous différentes formes », a-t-il affirmé.
Pour l’activiste, la commémoration du Génocost ne doit pas se limiter à un simple devoir de mémoire. Elle doit également constituer un levier de mobilisation afin d’obtenir la reconnaissance internationale des crimes commis contre les populations congolaises.

À cet effet, il a invité les citoyens à soutenir la pétition lancée dans le cadre de cette campagne.
« Nous sommes ici pour revendiquer trois choses : la reconnaissance internationale du Génocost, la justice et la réparation. Chaque Congolais peut contribuer à cette démarche en signant la pétition qui sera portée auprès des instances internationales », a expliqué Gentil SEFU.
Selon lui, cette reconnaissance permettrait d’ouvrir la voie à des mécanismes judiciaires capables de poursuivre les auteurs présumés des crimes les plus graves.
« Lorsque le Génocost sera reconnu, les auteurs nationaux comme internationaux devront répondre de leurs actes devant la justice. Des mécanismes comme un tribunal spécial ou des chambres spécialisées pourront être mis en place pour lutter contre l’impunité », a-t-il soutenu.
L’activiste estime également qu’une telle reconnaissance favoriserait une meilleure prise en charge des victimes, tant sur le plan individuel que collectif.
Évoquant les mécanismes déjà mis en place en République démocratique du Congo, il a notamment cité le Fonds spécial de réparation et d’indemnisation des victimes des activités illicites de l’Ouganda en RDC (FRIVAO) ainsi que d’autres initiatives nationales destinées à accompagner les victimes. Toutefois, il considère que la reconnaissance internationale du Génocost permettrait d’élargir les possibilités de réparation et de renforcer les moyens consacrés aux survivants.
Au-delà des aspects judiciaires et financiers, Gentil SEFU a insisté sur le rôle que doit jouer la jeunesse dans la préservation de la mémoire collective.
« Si nous restons passifs, nous risquons de devenir complices par notre silence. Chaque citoyen doit s’engager pour que cette histoire soit connue et qu’elle ne se répète plus jamais », a lancé l’activiste, appelant les jeunes à devenir les relais de cette campagne dans leurs communautés.
Son intervention s’inscrivait dans le cadre de la cérémonie officielle organisée à Kisangani, qui a réuni autorités provinciales, responsables d’organisations citoyennes, représentants de la jeunesse et membres de la société civile autour du thème de la mémoire, de la justice et de la réparation.
À l’issue des différentes allocutions, les participants ont pris part à une marche de recueillement jusqu’à l’Esplanade des Martyrs de Kisangani, où des bougies ont été déposées en hommage aux millions de victimes des conflits ayant frappé la République démocratique du Congo.
Par son message, Gentil SEFU a rappelé que le combat pour la reconnaissance du Génocost dépasse le cadre d’une simple commémoration annuelle. Pour lui, il s’agit d’un engagement citoyen durable visant à préserver la mémoire des victimes, à renforcer la lutte contre l’impunité et à faire avancer les revendications de justice et de réparation au bénéfice des populations congolaises.

Juriste | Journaliste | Entrepreneur | Fondateur de YOKA INFOS