
Le gouvernement congolais accuse la coalition AFC/M23 d’entraver le déploiement du Mécanisme conjoint élargi de vérification du cessez-le-feu (EJVM+) après l’expulsion, jugée injustifiée, d’un officier supérieur des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) déployé à Goma. Pour Kinshasa, cet incident risque de compromettre les efforts engagés dans le cadre du processus de paix de Doha, malgré la volonté affichée de poursuivre les initiatives diplomatiques.
La question a été examinée lors de la 95ᵉ réunion du Conseil des ministres, tenue le vendredi 31 juillet 2026 à Kaniama-Kasese, dans la province du Haut-Lomami. Présentant la situation sécuritaire dans l’Est de la République démocratique du Congo, le Vice-Premier ministre, ministre de la Défense nationale et des Anciens combattants, Guy Kabombo Muadiamvita, a fait état de l’expulsion d’un officier supérieur des FARDC envoyé à Goma pour intégrer le Mécanisme conjoint élargi de vérification du cessez-le-feu.
Selon le compte rendu de la réunion, cette décision aurait été prise par la coalition AFC/M23 sans justification valable et viserait à ralentir la mise en œuvre de cet organe chargé de contrôler le respect du cessez-le-feu.
« Il s’agit d’une action délibérée visant à retarder le déploiement et à compromettre la mise en place du mécanisme de vérification du cessez-le-feu », rapporte le compte rendu du Conseil des ministres, citant le ministre de la Défense.
Mis en place dans le cadre de l’accord de cessez-le-feu conclu à Doha entre le gouvernement congolais et l’AFC/M23, le Mécanisme conjoint élargi de vérification a pour mission de surveiller l’application de la trêve, d’enquêter sur les violations signalées et d’en rendre compte aux différentes parties. Les modalités de son fonctionnement ont été arrêtées en février 2026 sous la médiation du Qatar, avant d’être consolidées lors des discussions de Montreux, en Suisse. L’Union africaine, le Qatar et les États-Unis y participent en qualité d’observateurs, tandis que la MONUSCO est appelée à lui apporter un appui logistique et technique.
Malgré cet incident, le gouvernement congolais affirme maintenir son engagement en faveur du processus de paix.
« Le gouvernement tient à la bonne exécution de la mission de ce mécanisme afin de permettre la mise en œuvre des engagements librement souscrits et de faire avancer le processus de Doha », a indiqué Guy Kabombo, selon le compte rendu lu par le porte-parole du gouvernement.
Au cours de la même réunion, le ministre de la Défense a également évoqué la poursuite des activités militaires attribuées à la coalition AFC/M23-RDF. Selon lui, cette dernière continue de renforcer ses effectifs et ses équipements militaires, en dépit des engagements pris dans le cadre du cessez-le-feu.
« La situation opérationnelle est marquée par la poursuite des activités hostiles de la coalition RDF-M23, qui continue de renforcer ses effectifs et son matériel », précise le compte rendu du Conseil des ministres.
Face à cette évolution, le gouvernement assure que les Forces armées de la République démocratique du Congo restent mobilisées pour défendre l’intégrité du territoire national.
« Nos forces armées restent en alerte, mobilisées et déterminées à y faire face », a déclaré le Vice-Premier ministre de la Défense.
Cet épisode intervient dans un contexte où les initiatives diplomatiques destinées à rétablir une paix durable dans l’Est de la RDC demeurent confrontées à de nombreux défis. Alors que le mécanisme conjoint de vérification est présenté comme un outil essentiel pour garantir le respect du cessez-le-feu, les accusations réciproques entre Kinshasa et l’AFC/M23 continuent d’alimenter les tensions et de compliquer la mise en œuvre effective des engagements issus du processus de Doha.
