
À l’occasion de la Journée internationale des veuves célébrée le 23 juin, la ministre du Genre, Famille et Enfant, Micheline Ombae Kalama, a plaidé pour une meilleure protection des droits des veuves en République démocratique du Congo. Elle a également insisté sur la nécessité de renforcer leur autonomisation économique afin de lutter contre leur vulnérabilité sociale.
À Kinshasa, la République démocratique du Congo a commémoré ce mardi 23 juin la Journée internationale des veuves à travers une cérémonie organisée à Maïsha Park par le ministère du Genre, Famille et Enfant, en collaboration avec l’Office national pour la promotion de la stabilité de la famille (ONAF). Placée sous le thème national « Des droits respectés, une dignité retrouvée, des veuves autonomisées », cette célébration a servi de cadre à un plaidoyer en faveur d’une meilleure prise en charge des veuves congolaises.
Présidant les activités, la ministre du Genre, Famille et Enfant, Micheline Ombae Kalama, a rendu hommage à ces femmes confrontées à de multiples défis après la perte de leur conjoint. Elle a salué leur résilience tout en dénonçant les discriminations et les injustices dont elles continuent d’être victimes dans plusieurs communautés du pays.
« Nous avons choisi de célébrer des femmes dont le courage, la résilience et le sacrifice méritent l’admiration de toute la Nation », a déclaré la ministre devant les participants.
Selon elle, de nombreuses veuves restent exposées à des pratiques coutumières discriminatoires, à la spoliation de leurs biens ainsi qu’à diverses formes d’exclusion sociale. Une situation qui fragilise davantage leur stabilité économique et celle de leurs familles.
S’inscrivant dans le thème international de cette année, « Justice, dignité et pouvoir économique pour les veuves : les perspectives africaines », Micheline Ombae Kalama a réaffirmé l’engagement du gouvernement à promouvoir les droits des veuves et à renforcer les mécanismes de protection sociale en leur faveur.
La ministre a également eu une pensée particulière pour les veuves vivant dans les provinces touchées par les conflits armés, notamment dans l’Est du pays. Elle a souligné que ces femmes subissent souvent les conséquences directes de l’insécurité, des déplacements forcés et de la précarité économique. Dans ce contexte, elle a salué le sacrifice des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) engagées dans la défense de l’intégrité territoriale.
De son côté, la présidente de la Synergie des associations des veuves et orphelins du Congo (SAVOC), Mado Ekene, a dressé un tableau préoccupant de la situation des veuves congolaises. Elle a notamment dénoncé les cas récurrents de spoliation, d’exclusion successorale et le manque d’opportunités économiques qui empêchent de nombreuses femmes de reconstruire leur vie après le décès de leur conjoint.
Face à ces réalités, elle a plaidé pour l’adoption de réformes juridiques plus protectrices, la création de structures d’accueil d’urgence ainsi que le développement de programmes durables d’autonomisation économique.
Pour sa part, le directeur général de l’ONAF, le Dr Désiré Iseloko, a insisté sur la nécessité d’une mobilisation collective afin de garantir la dignité, la sécurité et l’épanouissement des veuves à travers le pays. Il a rappelé que cette catégorie sociale demeure parmi les plus vulnérables, particulièrement dans les zones affectées par les conflits et les crises humanitaires.
La cérémonie s’est clôturée par la remise symbolique de pagnes aux veuves présentes, un geste de solidarité destiné à reconnaître leur courage et leur contribution à la stabilité de nombreuses familles congolaises.
À travers cette commémoration, les autorités et les organisations de défense des droits sociaux espèrent attirer davantage l’attention sur les défis auxquels font face les veuves en RDC et encourager la mise en œuvre de politiques publiques capables de leur garantir protection, justice et autonomie économique.

Juriste | Journaliste | Entrepreneur | Fondateur de YOKA INFOS