
Le militant pro-démocratie Bienvenu Matumo assume désormais son rapprochement avec l’ancien président Joseph Kabila. Tout en défendant cette alliance, il critique la gestion actuelle du pays et estime que les véritables priorités de la RDC se trouvent ailleurs que dans le débat sur la modification de la Constitution.
Le débat autour d’une éventuelle révision de la Constitution continue de diviser la classe politique congolaise. Dans ce contexte, les déclarations de Bienvenu Matumo, figure de la société civile et membre de la plateforme « Sauvons la RDC », ont retenu l’attention ce week-end.
Intervenant lors d’un échange consacré à la situation politique nationale, l’activiste a expliqué les raisons qui l’ont conduit à collaborer avec l’ancien président Joseph Kabila, alors même qu’il avait autrefois dénoncé son régime et subi des poursuites liées à son engagement citoyen.
Pour Bienvenu Matumo, la gravité de la situation que traverse actuellement le pays impose de dépasser certaines divergences du passé. Selon lui, plusieurs acteurs politiques et sociaux se retrouvent aujourd’hui autour d’une même préoccupation : la défense de l’ordre constitutionnel et la préservation des acquis démocratiques.
L’activiste estime que la République démocratique du Congo fait face à des défis plus urgents que la révision de la Loi fondamentale. Il cite notamment la persistance de l’insécurité dans l’Est du pays, l’aggravation de la crise humanitaire, la pauvreté qui touche une grande partie de la population ainsi que les difficultés économiques auxquelles sont confrontés de nombreux ménages.
« Notre responsabilité est de continuer à lutter contre ce qui ne fonctionne pas et de proposer des alternatives », a-t-il déclaré, plaidant pour une mobilisation nationale autour des questions qu’il considère comme prioritaires.
Au cours de son intervention, Bienvenu Matumo a également porté un regard critique sur la gouvernance du président Félix Tshisekedi. Il reproche au pouvoir actuel de ne pas avoir répondu de manière satisfaisante aux attentes exprimées par la population lors de l’alternance politique de 2019.
Selon lui, les progrès attendus dans plusieurs secteurs stratégiques tardent à se matérialiser alors que le pays demeure confronté à des défis sécuritaires et sociaux majeurs. Il considère notamment que les efforts des institutions devraient être davantage orientés vers l’amélioration des conditions de vie des citoyens et la restauration de l’autorité de l’État dans les zones affectées par les conflits armés.
Ces déclarations interviennent dans un climat politique marqué par des prises de position de plus en plus contrastées sur l’avenir de la Constitution. Tandis que certains acteurs soutiennent l’idée d’une réforme institutionnelle, d’autres y voient une initiative inopportune au regard des urgences auxquelles le pays est confronté.
À travers sa sortie médiatique, Bienvenu Matumo tente ainsi de justifier une alliance qui suscite de nombreuses interrogations au sein de l’opinion publique. Son positionnement illustre également les recompositions politiques en cours à l’approche de nouveaux débats majeurs sur l’avenir institutionnel de la RDC.
Pour l’heure, la question constitutionnelle demeure au centre des discussions, tandis que les différentes sensibilités politiques continuent de défendre des visions parfois opposées sur les priorités du pays.
