
Auditionné par l’Assemblée provinciale de la Tshopo dans le cadre d’une question orale avec débat, le ministre provincial des Finances, Patrick Valencio, a présenté l’évolution des recettes publiques de la province. Il a mis en avant une progression constante des recettes internes tout en reconnaissant les défis qui subsistent en matière de mobilisation financière.
Les performances financières de la province de la Tshopo ont été au centre des échanges de ce mercredi 17 juin 2026 lors d’une séance plénière de l’Assemblée provinciale. Répondant à une question orale avec débat initiée par le député provincial Héritier Likaka, le ministre provincial des Finances, Patrick Valencio, a dressé un état des lieux des finances publiques provinciales depuis son arrivée à la tête de ce portefeuille.
Devant les élus provinciaux, le ministre a indiqué que les recettes internes de la province ont connu une progression significative au cours des trois dernières années. Selon les chiffres présentés, elles sont passées de 14,05 milliards de francs congolais en 2023 à 16,64 milliards en 2024, avant d’atteindre 20,77 milliards de francs congolais en 2025.
Pour Patrick Valencio, cette évolution traduit les effets des réformes engagées au sein de l’administration financière provinciale.
« À notre arrivée, plusieurs contraintes majeures ont été identifiées, notamment la faiblesse du taux de mobilisation des recettes, les difficultés de traçabilité et l’insuffisance des outils de gestion. Face à cette situation, plusieurs réformes ont été engagées », a-t-il expliqué.
Parmi les mesures mises en œuvre, le ministre a cité l’assainissement du fichier des assujettis, le renforcement des mécanismes de contrôle interne, l’amélioration du système de sécurisation des recettes ainsi que la restructuration des régies financières provinciales.
Malgré ces avancées, le responsable des finances provinciales a reconnu que plusieurs obstacles continuent d’affecter les performances budgétaires de la province. Il a notamment évoqué l’irrégularité des rétrocessions en provenance du pouvoir central, un facteur qui limite la capacité du gouvernement provincial à financer certains programmes de développement.
« La régularité des rétrocessions demeure un défi majeur qui affecte la réalisation optimale des programmes du gouvernement provincial », a-t-il déclaré, appelant les élus provinciaux et nationaux à soutenir le plaidoyer en faveur d’un meilleur respect des engagements financiers de l’État envers les provinces.
Au cours du débat, plusieurs députés ont également soulevé des préoccupations relatives à la fraude fiscale, à l’évasion des recettes ainsi qu’à la performance des régies financières. L’élu Senold Tandia a notamment insisté sur la nécessité d’améliorer la transparence dans la gestion des ressources publiques et de renforcer les mécanismes de contrôle.
Dans cette dynamique de modernisation, Patrick Valencio a rappelé le lancement récent de l’application e-Tax, destinée à identifier les contribuables et à améliorer le suivi de la mobilisation des recettes provinciales. Cette initiative vise notamment à élargir l’assiette fiscale et à réduire les pertes liées aux insuffisances du système traditionnel de collecte.
Cette audition s’inscrit dans le cadre de la mission constitutionnelle de contrôle parlementaire exercée par l’Assemblée provinciale. Elle a permis aux élus d’obtenir des éclaircissements sur la situation financière de la province, tandis que le gouvernement provincial a réaffirmé sa volonté de poursuivre les réformes engagées pour accroître les recettes et soutenir les ambitions de développement de la Tshopo.

Juriste | Journaliste | Entrepreneur | Fondateur de YOKA INFOS