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14 juin 2026
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Les députés nationaux élus du Nord-Kivu et de l’Ituri ont décidé de suspendre leur participation aux travaux de l’Assemblée nationale pour dénoncer l’absence de débat sur l’aggravation de l’insécurité dans l’Est de la RDC. Ils exigent notamment l’audition des membres du gouvernement chargés de la sécurité et l’adoption de mesures concrètes en faveur des populations affectées.

Un climat de tension s’est installé au sein de l’Assemblée nationale à Kinshasa. Les députés nationaux issus des provinces du Nord-Kivu et de l’Ituri ont annoncé, samedi 14 juin, leur retrait temporaire des activités parlementaires afin de protester contre ce qu’ils considèrent comme un manque d’attention accordée à la crise sécuritaire qui continue de ravager l’Est de la République démocratique du Congo.

Prenant la parole au nom de ses collègues, le député national Daniel Furaha Uma, élu du territoire de Mahagi en Ituri, a dénoncé l’absence de discussions approfondies sur les violences qui endeuillent quotidiennement plusieurs territoires de ces deux provinces.

Selon les élus concernés, les massacres attribués aux rebelles des Forces démocratiques alliées (ADF) dans les territoires de Beni, Mambasa et Irumu continuent de faire de nombreuses victimes civiles, tandis que certaines localités demeurent sous la menace ou le contrôle des combattants de l’AFC/M23.

Pour ces parlementaires, la gravité de la situation devrait constituer une priorité nationale et occuper une place centrale dans les débats parlementaires.

« Nous ne pouvons pas continuer à participer normalement aux travaux alors que nos populations vivent dans la peur, subissent des massacres et voient leurs villages tomber sous la menace des groupes armés », a laissé entendre un des élus engagés dans cette démarche.

À travers cette décision, les députés du Nord-Kivu et de l’Ituri réclament la convocation urgente du ministre de l’Intérieur ainsi que du ministre de la Défense. Ils souhaitent obtenir des explications détaillées sur l’évolution de la situation sécuritaire et sur les stratégies mises en place pour protéger les populations civiles.

Les élus conditionnent leur retour aux séances plénières à l’organisation d’un débat parlementaire consacré exclusivement à la crise sécuritaire dans l’Est du pays. Ils plaident également pour l’adoption de résolutions susceptibles d’aboutir à des actions concrètes sur le terrain.

Cette initiative intervient dans un contexte marqué par la persistance des violences malgré l’état de siège instauré en mai 2021 dans les provinces du Nord-Kivu et de l’Ituri. Présentée à l’époque comme une mesure exceptionnelle destinée à restaurer l’autorité de l’État et à neutraliser les groupes armés, cette disposition totalise désormais cinq années d’application.

Cependant, plusieurs acteurs politiques, organisations de la société civile et représentants des communautés locales estiment que les résultats attendus tardent à se matérialiser. Les attaques contre les civils, les déplacements de populations et l’insécurité demeurent une réalité quotidienne dans plusieurs zones.

La décision des députés intervient également alors que les appels à une réponse plus vigoureuse de l’État se multiplient dans les provinces touchées par les conflits. Pour de nombreux habitants de l’Est, l’urgence reste la protection des vies humaines, le retour de la paix et la restauration de l’autorité de l’État dans les zones sous menace.

En suspendant leur participation aux travaux parlementaires, les élus du Nord-Kivu et de l’Ituri entendent ainsi attirer l’attention de l’ensemble de la classe politique sur une crise qui continue de peser lourdement sur des millions de Congolais. Leur démarche relance le débat sur l’efficacité des mécanismes actuels de gestion de la sécurité et sur la nécessité d’actions plus fortes pour mettre fin aux violences qui secouent l’Est du pays.

Par : Delphin ANECO

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