

La Coalition Article 64 (C64) maintient sa marche annoncée pour ce mardi 15 septembre 2026 à Kananga, malgré la décision de la mairie de suspendre les manifestations politiques jusqu’à nouvel ordre. L’autorité urbaine invoque des raisons sécuritaires, tandis que l’opposition considère cette mesure comme une atteinte au droit constitutionnel de manifester.
Dans un communiqué publié samedi 12 septembre, la maire de Kananga, Rose Muadi Musube, a annoncé la suspension des rassemblements à caractère politique dans la ville. La décision concerne notamment les attroupements de plus de dix personnes et doit, selon l’autorité urbaine, permettre de préserver la sécurité et l’ordre public.
Cette mesure intervient à deux jours de la mobilisation projetée par la C64/Kasaï-Central. La coalition de l’opposition entend manifester contre tout projet de modification ou de changement de la Constitution et affirme avoir préalablement informé les autorités urbaines de la tenue de cette marche.
La décision de la mairie n’a toutefois pas conduit les organisateurs à renoncer à leur mobilisation. La C64 estime que la suspension des manifestations porte atteinte à l’article 26 de la Constitution, qui garantit la liberté de manifestation, et maintient son programme pour le 15 septembre.
Au sein de l’opposition, Georges Nyembu, porte-parole adjoint de l’ECIDÉ au Kasaï-Central, dénonce notamment un « excès de pouvoir » de l’autorité urbaine. Il appelle néanmoins les militants à ne pas céder à la provocation, tout en affirmant que la manifestation relève, selon lui, d’un droit constitutionnel.
La mairie campe de son côté sur sa décision. Elle a demandé à la Police nationale congolaise et aux autres services de sécurité de veiller à son application et a appelé la population à rester vigilante et à poursuivre normalement ses activités.
Cette confrontation intervient dans un contexte national marqué par une mobilisation annoncée par la C64 dans plusieurs villes du pays. La coalition a fixé au 15 septembre une journée d’action contre tout projet de changement de la Constitution, dénonçant notamment les priorités politiques du pouvoir face aux difficultés sécuritaires, économiques et sociales auxquelles la population reste confrontée.
À Kananga, l’enjeu immédiat porte désormais sur la manière dont les autorités et les organisateurs géreront cette divergence. Alors que la mairie demande l’application de sa mesure de suspension, la C64 affirme maintenir sa marche, faisant de la journée du 15 septembre un nouveau test pour l’exercice des libertés publiques dans la ville.
Source : YOKA INFOS

Correspondant de YOKA INFOS à Bunia
Delphin ANECO est correspondant de YOKA INFOS à Bunia. Il couvre l’actualité politique, sécuritaire, économique et sociale en République démocratique du Congo, avec une attention particulière portée aux enjeux de la province de l’Ituri.

