

L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) poursuit son appui à la riposte contre l’épidémie de maladie à virus Ebola dans le Haut-Uélé, avec un accent particulier sur la surveillance et la mobilisation communautaire à Isiro. Cette intervention intervient alors que la province reste l’un des foyers de l’épidémie de virus Bundibugyo, qui touche plusieurs zones de santé dans le pays.
À Isiro, l’appui des partenaires de la riposte porte notamment sur la détection précoce des cas, la recherche et le suivi des contacts, la prévention et le contrôle des infections ainsi que la communication sur les risques. L’OMS considère l’implication des communautés comme un élément essentiel pour renforcer l’acceptation des mesures sanitaires et interrompre les chaînes de transmission.
Cette approche intervient dans un contexte épidémiologique toujours préoccupant. Selon les dernières données publiées par l’OMS, au 7 septembre 2026, la RDC comptait 6 757 cas confirmés et 3 267 décès liés à cette épidémie, avec 61 zones de santé affectées dans six provinces, dont le Haut-Uélé.
Dans le Haut-Uélé, Isiro demeure au cœur de la riposte. La province avait enregistré, au 7 septembre, 253 cas confirmés, dont 129 décès et 57 guérisons, selon des données rapportées par Actualite.cd. Six zones de santé y étaient touchées, parmi lesquelles celle d’Isiro.
Malgré la gravité de la situation, des signes encourageants sont également enregistrés. Le 7 septembre, 22 survivants ont quitté le centre de traitement Ebola installé à l’hôpital général d’Isiro. Parmi eux figuraient un médecin et trois infirmiers, tandis que plusieurs membres d’une même famille ont également été déclarés guéris.
Le médecin chef de zone de santé urbano-rurale d’Isiro, le Dr Gilbert Malango, avait alors salué le soutien apporté par le gouvernement et les partenaires de la riposte, notamment l’OMS et l’UNICEF. Il avait présenté les survivants comme des « vainqueurs » et des « héros » de l’épidémie.
Au-delà de la prise en charge médicale, la bataille se joue donc également au sein des communautés. L’OMS recommande notamment de renforcer les réseaux d’agents de santé communautaires, les volontaires de la Croix-Rouge et d’autres acteurs locaux afin de faciliter l’identification des cas suspects, le suivi des contacts et la remontée des alertes.
Cette dimension communautaire est d’autant plus importante que les autorités sanitaires cherchent à restaurer la confiance de la population. Dans les Cliniques universitaires de l’Uele, le gouverneur Jean Bakomito a récemment insisté sur la sensibilisation communautaire comme l’un des volets de la riposte. Le médecin directeur de cette structure, le Dr Nasuru Bala, a indiqué que les échanges avec l’autorité provinciale avaient notamment porté sur cet aspect.
La RDC et ses partenaires ont par ailleurs lancé début septembre un plan révisé de 180 jours destiné à intensifier la réponse à l’épidémie. Cette stratégie met l’accent sur une riposte multisectorielle et décentralisée, avec les communautés placées au cœur des efforts visant à interrompre la transmission.
À Isiro, l’enjeu reste désormais de maintenir la surveillance, d’assurer une prise en charge rapide des personnes suspectes et de renforcer la confiance entre les équipes de riposte et les populations. La progression de l’épidémie dans plusieurs provinces rappelle que la détection précoce, le suivi des contacts et l’engagement communautaire demeurent déterminants pour contenir le virus.
Source : YOKA INFOS

Correspondant de YOKA INFOS à Bunia
Delphin ANECO est correspondant de YOKA INFOS à Bunia. Il couvre l’actualité politique, sécuritaire, économique et sociale en République démocratique du Congo, avec une attention particulière portée aux enjeux de la province de l’Ituri.

