Une baleinière a sombré vendredi 6 novembre 2026 après une collision avec une autre embarcation sur la rivière Lukeni, au village Nkolo, dans le territoire de Kutu, au Maï-Ndombe. L’accident, survenu vers 20 heures, a entraîné la perte de toute la cargaison de l’embarcation sinistrée, tandis que son gérant a été admis en soins intensifs.
La collision s’est produite entre deux baleinières qui naviguaient en sens opposés. L’une appartenait aux établissements « Papa Jean Weto » et l’autre aux établissements « Maman Antoinette ». Cette dernière s’est complètement effondrée dans les eaux de la rivière Lukeni, emportant avec elle toute sa marchandise.
La cargaison engloutie était notamment composée de sel, de farine, de savon, de tôles, de vêtements et de produits cosmétiques. Selon l’administrateur du territoire de Kutu, Jacques Nzenza Mongie, le gérant de l’embarcation qui a sombré a été admis en soins intensifs. Le responsable de l’autre baleinière a, quant à lui, été arrêté par les éléments de la force navale.
Cet accident remet en lumière la question du respect des règles de navigation dans la province du Maï-Ndombe, où la circulation nocturne des baleinières reste une préoccupation. Malgré les mesures interdisant la navigation de nuit et celle des embarcations en bois, certains armateurs continuent de faire circuler leurs bateaux après la tombée de la nuit.
Jacques Nzenza Mongie dénonce notamment les défaillances des services chargés de faire respecter ces restrictions. Il estime que les agents affectés au contrôle de la navigation ne remplissent pas suffisamment leur mission pendant la nuit, laissant ainsi les armateurs poursuivre leurs activités.
« Le problème, ce sont les forces commises à la navigation. Pendant que nous dormons, elles laissent passer les embarcations nuitamment. Et les armateurs profitent de la situation de ces forces-là pour naviguer », a déclaré l’administrateur du territoire de Kutu.
Pour le juriste congolais et chercheur en droit fluvial et lacustre Aron Matala, la persistance de ces pratiques ne relève pas uniquement du comportement des armateurs. Il appelle également les autorités à renforcer les moyens humains, techniques et logistiques des services chargés de la surveillance des voies navigables.
Il préconise notamment le renforcement des effectifs du commissariat fluvial, la formation des agents, l’organisation d’une garde nocturne ainsi que la mise à disposition de radios VHF, de moyens rapides d’intervention et d’équipements de sauvetage, dont des bouées et des gilets de sauvetage.
Dans la province du Maï-Ndombe, les baleinières en bois restent largement utilisées pour le transport des personnes et des marchandises, en raison de l’insuffisance d’embarcations répondant aux exigences de sécurité. Cette dépendance au transport fluvial, combinée aux difficultés de contrôle, expose régulièrement les usagers à des accidents sur les rivières et le lac de la province.
Source : YOKA INFOS

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