
Le ministère de l’Enseignement supérieur, universitaire, de la Recherche scientifique et de l’Innovation (ESURSI) s’est déclaré disponible pour une concertation avec l’Église et les partenaires éducatifs au sujet des mesures prises dans les universités du Nord-Kivu et du Sud-Kivu. Cette mise au point, publiée dimanche 18 octobre 2026, intervient après la lettre ouverte de l’archevêque métropolitain de Bukavu, François-Xavier Maroy Rusengo, qui avait alerté sur les conséquences de cette situation pour les étudiants et leurs familles.
Dans sa réponse, le ministère affirme avoir pris connaissance des préoccupations exprimées par le prélat dans sa lettre du 10 octobre, intitulée « Remets ton épée au fourreau ». Il reconnaît les difficultés auxquelles sont confrontées les populations de l’Est, notamment les familles dont les conditions de vie sont affectées par le conflit armé et l’occupation de certaines zones.
Le ministère entend toutefois clarifier la portée des décisions prises concernant les établissements d’enseignement supérieur et universitaire concernés. Ces mesures s’inscrivent dans un contexte de tensions autour de la gestion des universités de Goma et de Bukavu, après la désignation de nouveaux responsables par l’AFC/M23, que les autorités de Kinshasa contestent.
Dans sa lettre, Mgr François-Xavier Maroy avait appelé les différentes parties à éviter de faire de l’éducation un instrument de confrontation politique et militaire. Il avait notamment mis en garde contre les conséquences des décisions administratives sur les étudiants, dont certains risquent de devoir poursuivre leur cursus dans d’autres provinces, malgré les difficultés financières de leurs familles.
« N’utilisez pas l’éducation et tout le social comme arme de guerre ou champ des batailles pour vos règlements des comptes », avait exhorté l’archevêque, plaidant pour une solution permettant aux étudiants d’achever l’année académique 2025-2026 et de poursuivre leurs études en 2026-2027 dans des conditions acceptables.
En réponse, le ministère affirme rester ouvert à un dialogue avec les responsables religieux et les partenaires du secteur éducatif. Il indique vouloir faciliter l’application des mesures d’accompagnement et trouver des solutions aux difficultés persistantes, tout en maintenant sa position sur la gouvernance des établissements concernés.
Cette controverse intervient alors que les activités académiques demeurent au centre d’un bras de fer entre les autorités congolaises et l’AFC/M23 dans les zones de l’Est placées sous contrôle de ce mouvement. Au-delà des divergences institutionnelles, l’incertitude pèse sur la continuité des enseignements, la reconnaissance des actes académiques et les conditions dans lesquelles les étudiants pourront poursuivre leur formation.
La disponibilité affichée par le ministère pour une concertation ouvre ainsi la voie à d’éventuels échanges avec l’Église et les acteurs éducatifs. L’enjeu reste de concilier les exigences de gouvernance universitaire défendues par Kinshasa avec la nécessité de préserver le parcours académique des étudiants touchés par la crise sécuritaire.
Source : YOKA INFOS

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