6 novembre 2026
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Le ministre congolais de la Communication et Médias, Patrick Muyaya, a accusé l’ancien président Joseph Kabila d’avoir entretenu des relations de complicité et de complaisance avec le Rwanda durant ses 18 années au pouvoir. Il s’est exprimé devant des membres de la diaspora congolaise à Londres, au Royaume-Uni, dans un contexte marqué par le rapprochement de l’ancien chef de l’État avec le Front pour la refondation de la nation (FRN), issu de l’AFC.

En séjour dans la capitale britannique dans le cadre du Forum économique Royaume-Uni-RDC, le porte-parole du gouvernement congolais a consacré une partie de son échange avec la diaspora à la situation sécuritaire dans l’Est du pays. Ses déclarations ont particulièrement porté sur le positionnement politique de Joseph Kabila et son rapprochement avec les responsables du FRN.

Patrick Muyaya a notamment qualifié les 18 années de présidence de Joseph Kabila de période marquée par « l’occupation, la complicité et la complaisance ». Il a également estimé que l’apparition de l’ancien chef de l’État aux côtés des responsables de cette nouvelle plateforme politico-militaire soulevait de sérieuses interrogations.

« Aujourd’hui, avec l’apparition du président honoraire, je vous donne un exemple. Nous sommes à Londres, la capitale de James Bond. En fait, vous êtes dans un film, dans un thriller. On vous attaque massivement et c’est sur lui que vous comptez. C’est le président de la République. Et pourtant, c’est le premier complice », a déclaré le ministre devant les Congolais vivant au Royaume-Uni.

Le ministre a également évoqué les relations entre Joseph Kabila et certains anciens responsables militaires, notamment Emmanuel Sultani Makenga, présenté comme chef d’état-major de la branche armée du FRN.

« Comment pouvez-vous imaginer que celui qui avait été chassé de l’armée à l’époque, et que c’est la même personne qui assure sa sécurité aujourd’hui ? », s’est interrogé Patrick Muyaya.

Pour appuyer son argumentaire, il a fait référence aux militaires congolais tombés au front, citant notamment le colonel Mamadou Ndala. Il a ainsi dénoncé ce qu’il considère comme une contradiction entre les sacrifices consentis par les forces armées congolaises et le rapprochement actuel de Joseph Kabila avec les responsables du mouvement.

Le porte-parole du gouvernement a par ailleurs établi un parallèle avec la période de 1997, affirmant que le chef d’état-major de l’époque était Rwandais. Selon lui, la situation actuelle s’inscrit dans une nouvelle phase de menaces contre la souveraineté congolaise.

Au-delà de ses critiques contre l’ancien président, Patrick Muyaya a voulu rassurer la diaspora sur la riposte du gouvernement face à la crise sécuritaire. Il a présenté une stratégie articulée autour de cinq fronts : militaire, diplomatique, économique, judiciaire et médiatique.

« Je voudrais vous rassurer, d’abord, que nous tenons et que nous avons une stratégie qui repose sur cinq piliers : le front militaire, le front diplomatique, le front économique, le front judiciaire et le front médiatique. Et si vous regardez aujourd’hui, sur tous ces fronts, il n’y a aucun front sur lequel nous n’avons pas avancé, même si une partie du pays est sous occupation », a-t-il affirmé.

Cette intervention intervient après la création du Front pour la refondation de la nation, annoncée le 12 octobre 2026 à Goma. Cette plateforme politico-militaire succède à l’Alliance Fleuve Congo (AFC) et est dirigée par Joseph Kabila, avec notamment Corneille Nangaa et Bertrand Bisimwa parmi ses principaux responsables. Emmanuel Sultani Makenga y occupe des fonctions militaires.

La création du FRN intervient alors que les processus diplomatiques engagés notamment à Washington et à Doha n’ont pas encore permis de mettre fin aux affrontements dans l’Est de la RDC. À Kinshasa, les discussions autour d’un éventuel dialogue national continuent également de susciter des divergences politiques.

Par : Denis BAKUMANI

Source : YOKA INFOS