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30 juin 2026
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À l’occasion du 66ᵉ anniversaire de l’indépendance de la République démocratique du Congo, le Prix Nobel de la paix, le Dr Denis Mukwege, a adressé une lettre ouverte au président Félix Tshisekedi. Dans ce document, il dresse un tableau préoccupant de la situation du pays et appelle les autorités à faire de la paix, de la justice et de la bonne gouvernance des priorités nationales.

À contre-courant des célébrations officielles du 30 juin, le Dr Denis Mukwege a choisi d’interpeller directement le chef de l’État sur les défis auxquels la République démocratique du Congo demeure confrontée. Dans une lettre ouverte rendue publique ce mardi, le gynécologue et Prix Nobel de la paix évoque une « crise existentielle » qui, selon lui, menace l’avenir du pays.

Dans son message, Denis Mukwege estime que la RDC traverse une période marquée par une aggravation de l’insécurité, une crise humanitaire persistante et une fragilisation des institutions. Il affirme que les souffrances des populations, particulièrement dans l’Est du pays, nécessitent des réponses plus efficaces de la part des pouvoirs publics.

Revenant sur l’arrivée de Félix Tshisekedi à la magistrature suprême en 2019, le médecin de Panzi explique avoir initialement nourri l’espoir d’un changement. Il regrette toutefois que les attentes suscitées n’aient, selon lui, pas été pleinement satisfaites.

La lettre revient également sur plusieurs décisions prises au cours des dernières années. Le Dr Mukwege critique notamment la prolongation de l’état de siège dans les provinces du Nord-Kivu et de l’Ituri, estimant que cette mesure exceptionnelle n’a pas permis d’atteindre les objectifs sécuritaires escomptés et qu’elle s’est accompagnée d’importantes préoccupations en matière de droits humains.

Le Prix Nobel s’interroge aussi sur la stratégie régionale adoptée par Kinshasa en matière de sécurité. Il évoque les accords conclus avec certains pays voisins ainsi que le retrait progressif de la Mission de l’Organisation des Nations unies pour la stabilisation en RDC (MONUSCO), qu’il considère comme des choix ayant contribué à maintenir un contexte sécuritaire fragile dans l’Est du pays.

Sur le plan diplomatique, Denis Mukwege exprime également ses réserves concernant les initiatives engagées avec les États-Unis autour de la crise entre la RDC et le Rwanda. Selon lui, toute démarche visant à restaurer la paix doit préserver la souveraineté nationale et répondre avant tout aux intérêts du peuple congolais.

Abordant le débat sur une éventuelle révision de la Constitution, le Prix Nobel estime que le contexte actuel ne se prête pas à l’organisation d’un référendum. Il souligne notamment les difficultés sécuritaires qui empêchent une partie de la population d’exercer pleinement ses droits civiques, ainsi que les défis sanitaires liés à l’épidémie d’Ebola.

« Le colonialisme économique est en plein essor, les prédateurs continuent à s’enrichir, mais le retour de la sécurité demeure très illusoire », écrit-il dans cette lettre ouverte, appelant les autorités à replacer la protection des populations au centre de l’action publique.

En conclusion, Denis Mukwege exhorte le président Félix Tshisekedi à privilégier la restauration de la paix, la lutte contre l’impunité, la mise en œuvre de la justice transitionnelle, notamment à travers le Rapport Mapping des Nations unies, ainsi que l’amélioration des conditions de vie des Congolais. À travers cette prise de position, le Prix Nobel entend alimenter le débat national sur l’avenir du pays, en plaidant pour des réformes qu’il juge indispensables à la consolidation de la paix et au renforcement de l’État de droit.

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