
Près de trois mois après la mort de Karine Buisset, agente française de l’UNICEF tuée lors d’une attaque de drone à Goma, la France demande que les responsabilités soient clairement établies. Cet appel a été lancé devant le Conseil de sécurité des Nations unies, dans un contexte où les violences persistent dans l’est de la République démocratique du Congo malgré les initiatives diplomatiques en cours.
Selon un communiqué et des déclarations officielles consultés ce lundi 29 juin 2026, l’ambassadeur et représentant permanent de la France auprès des Nations unies, Jérôme Bonnafont, a exprimé la profonde préoccupation de son pays face à la dégradation continue de la situation sécuritaire dans l’est de la RDC. Il a notamment alerté sur la multiplication des attaques de drones et leurs conséquences sur les populations civiles.
« La poursuite des combats menace les populations, la recrudescence des attaques de drones est inquiétante », a déclaré le diplomate français devant le Conseil de sécurité.
Au cours de son intervention, Jérôme Bonnafont est revenu sur l’attaque survenue le 11 mars 2026 à Goma, qui avait coûté la vie à Karine Buisset, humanitaire française de 54 ans employée par le Fonds des Nations unies pour l’enfance (UNICEF). Il a insisté sur la nécessité de faire toute la lumière sur les circonstances de ce drame.
« Une de nos compatriotes travaillant pour l’UNICEF en a été victime à Goma. Nous appelons à la transparence sur les responsabilités de cette attaque », a-t-il ajouté.
À la suite de cette attaque, le Parquet national antiterroriste (PNAT) français avait ouvert une enquête contre X pour meurtre constitutif de crime de guerre. Les investigations, confiées à l’Office central de lutte contre les crimes contre l’humanité (OCLCH), visent à déterminer les circonstances exactes de l’attaque et à identifier les éventuels responsables.
Du côté congolais, le gouvernement avait également annoncé l’ouverture d’enquêtes après les explosions enregistrées dans la ville de Goma. Dans un communiqué publié au lendemain des faits, Kinshasa avait exprimé sa profonde tristesse à la suite des pertes en vies humaines, dont celle de Karine Buisset, tout en précisant que les services compétents étaient chargés d’établir l’origine des explosions et les circonstances de leur survenue.
Cette nouvelle prise de position de la France intervient alors que la situation sécuritaire demeure préoccupante dans l’est de la RDC. Malgré les accords signés récemment à Washington entre Kinshasa et Kigali, sous la médiation des États-Unis, ainsi que les discussions menées dans le cadre du processus de Doha entre le gouvernement congolais et la rébellion de l’AFC/M23 sous l’égide du Qatar, les affrontements continuent d’être signalés sur plusieurs fronts.
Pour Paris, la protection des populations civiles et du personnel humanitaire reste une priorité. En réclamant davantage de transparence sur cette attaque, la France réaffirme son attachement au respect du droit international humanitaire et appelle à ce que les auteurs de ces violences répondent de leurs actes devant la justice.
