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17 juin 2026
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Alors que Médecins Sans Frontières (MSF) a récemment alerté sur plusieurs insuffisances dans la lutte contre Ebola en République démocratique du Congo, le gouvernement affirme que la riposte reste sous contrôle. Les autorités congolaises contestent les conclusions de l’organisation humanitaire et dénoncent des discours qu’elles jugent excessivement alarmistes.

Un mois après la déclaration officielle de la 17ᵉ épidémie d’Ebola en République démocratique du Congo, un débat s’installe autour de l’évaluation de la réponse sanitaire déployée sur le terrain. D’un côté, Médecins Sans Frontières estime que plusieurs faiblesses continuent d’entraver les efforts de contrôle de l’épidémie. De l’autre, le gouvernement congolais assure que les dispositifs mis en place fonctionnent efficacement et permettent de faire face à la situation.

Lors d’un briefing de presse tenu lundi 15 juin 2026, le ministre de la Santé publique, Hygiène et Prévoyance sociale, Samuel Roger Kamba, a rejeté les analyses de MSF selon lesquelles la progression de l’épidémie dépasserait les capacités actuelles de la riposte.

Selon lui, les structures de prise en charge, les capacités de dépistage ainsi que les mécanismes de suivi des cas contacts demeurent pleinement opérationnels.

« La riposte répond au mal. Avons-nous suffisamment de tests pour les patients suspects ? Oui. Pouvons-nous suivre les cas contacts ? Nous sommes autour de 63 % de suivi et ce chiffre devrait encore augmenter grâce aux relais communautaires formés récemment », a déclaré le ministre.

Samuel Roger Kamba a également souligné que tous les patients identifiés bénéficient d’une prise en charge médicale et que les autorités poursuivent activement les opérations de recherche des personnes exposées au virus.

Face aux inquiétudes exprimées par certaines organisations humanitaires, le ministre de la Santé a insisté sur les avancées enregistrées ces dernières semaines, notamment en matière de diagnostic.

Il a rappelé que de nouveaux laboratoires ont été installés dans les zones affectées, notamment à Beni et à Butembo, permettant désormais d’obtenir les résultats des analyses dans un délai d’environ 24 heures.

« Aujourd’hui, lorsqu’un prélèvement est effectué, le résultat est disponible le jour même ou dans les 24 heures. Nous avons considérablement réduit les délais qui constituaient auparavant une difficulté importante », a expliqué Samuel Roger Kamba.

Pour les autorités sanitaires, ces améliorations démontrent que la riposte continue de s’adapter à l’évolution de l’épidémie et aux réalités du terrain.

Présent aux côtés du ministre de la Santé, le ministre de la Communication et Médias, Patrick Muyaya, a lui aussi défendu l’action du gouvernement. Il a rappelé que les données relatives à l’épidémie sont produites et validées en collaboration avec l’ensemble des partenaires impliqués dans la riposte, y compris l’Organisation mondiale de la santé (OMS), Africa CDC et MSF.

Selon lui, il n’existe pas de stratégies parallèles de gestion de l’épidémie.

« Il n’y a qu’une seule riposte, celle qui est coordonnée par le gouvernement avec l’ensemble des partenaires », a-t-il affirmé.

Le porte-parole du gouvernement a par ailleurs regretté ce qu’il considère comme une tendance à dramatiser la situation sanitaire.

« Nous sommes conscients des défis qui existent, mais certains discours alarmistes ne reflètent pas toujours la réalité du terrain », a déclaré Patrick Muyaya.

Malgré ces divergences d’appréciation, les autorités comme les partenaires humanitaires s’accordent sur un point, la vigilance reste indispensable.

Depuis sa déclaration officielle le 15 mai dernier, l’épidémie causée par le virus Ebola Bundibugyo continue de mobiliser d’importants moyens humains et logistiques. Les zones les plus touchées se trouvent principalement en Ituri, au Nord-Kivu et au Sud-Kivu, où les opérations de surveillance, de dépistage et de prise en charge se poursuivent.

Le contexte sécuritaire demeure également un défi majeur. Plusieurs localités affectées par l’épidémie sont confrontées à l’activisme de groupes armés, compliquant parfois l’accès des équipes médicales et des acteurs humanitaires aux communautés concernées.

Par ailleurs, l’Organisation mondiale de la santé a classé cette flambée épidémique comme une urgence de santé publique de portée internationale en raison de son expansion géographique et des risques de propagation transfrontalière.

Alors que les efforts se poursuivent pour contenir la maladie, les échanges entre le gouvernement et certains partenaires témoignent de la complexité de la lutte contre Ebola. Au-delà des divergences d’analyse, les autorités sanitaires, les organisations humanitaires et les communautés locales restent confrontées au même défi : freiner la propagation du virus et protéger les populations les plus exposées.

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