20 octobre 2026
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Invité ce mardi 20 octobre 2026 de l’émission interactive Parole aux auditeurs sur Radio Okapi, le député national Théoveul Lotika Likwela a dénoncé la dénaturation progressive du mandat parlementaire en République Démocratique du Congo. Fraîchement revenu de sa circonscription de Kisangani, l’élu a mis en lumière le fossé grandissant entre la rigueur de l’article 100 de la Constitution et l’avalanche de demandes d’assistance sociale imposée par la précarité du quotidien.

Dans les travées du Palais du Peuple comme au cœur des circonscriptions de l’arrière-pays, le malaise couvait depuis longtemps. Entre les factures d’hôpitaux à honorer, les frais scolaires des enfants et les deuils familiaux à assumer, les représentants du peuple sont devenus malgré eux des amortisseurs sociaux de première ligne. Face aux micros de la radio onusienne, l’honorable Théoveul Lotika a choisi de rompre avec la langue de bois pour poser un diagnostic sans détour sur un système qui épuise les élus et égare les citoyens.

Pour structurer son propos, l’élu de Kisangani a d’abord tenu à rappeler le socle légal qui fonde son action publique :

« Les députés nationaux font partie du pouvoir législatif, ce sont des parlementaires. Leurs missions et leurs rôles sont définis de manière très claire par les dispositions de l’article 100 de la Constitution. Ces gens-là, les députés que nous sommes, sont appelés à légiférer et à contrôler les actions du gouvernement. »

Cette mission régalienne triple consistant à voter les lois, surveiller l’action gouvernementale et relayer les aspirations collectives se trouve également consacrée par le règlement d’ordre intérieur de la chambre basse. Pourtant, sitôt le pied posé en province, cette armature juridique vole en éclats face aux urgences criantes des ménages congolais.

Pour Théoveul Lotika, ce décalage ne relève pas d’une simple méconnaissance des textes, mais d’une réalité structurelle bien plus profonde. Il a ainsi martelé :

« Ces missions, il faut le dire, sont confrontées sur le terrain à certaines réalités socio-politiques ou socio-anthropologiques de la conception de la manière dont la population ou nos électeurs comprennent l’essence ou le rôle d’un député. »

Si une frange d’électeurs comprend parfaitement la mission constitutionnelle du législateur, une grande partie de la population, prise à la gorge par la dégradation des conditions de vie, évalue l’efficacité de son représentant à l’aune des billets distribués et des interventions financières directes. Cette confusion fragilise le contrôle démocratique, car en transformant le parlementaire en bienfaiteur providentiel, le citoyen en oublie souvent d’exiger des comptes sur le travail législatif réel et sur le suivi des grands projets d’intérêt public.

En soulevant ce débat sur les ondes nationales, le député boyomais interpelle autant l’élite politique que le corps électoral. La réponse aux besoins élémentaires des populations, qu’il s’agisse de l’éducation, des soins de santé, de l’énergie ou de l’eau potable, incombe avant tout à l’exécutif à travers des politiques publiques viables, et non à la générosité individuelle des mandataires. Cette prise de parole relance l’urgence d’une éducation civique soutenue pour que la redevabilité se mesure enfin à la qualité des lois votées et au contrôle sans complaisance de l’action publique, plutôt qu’à l’épaisseur du portefeuille des élus.

Source : YOKA INFOS