

Un mouvement de jeunesse de la Tshopo a présenté ce mercredi 23 septembre 2026 un constat accablant sur l’état de la route Kisangani-Opala, après une mission de terrain menée jusqu’au PK70. Face à l’écart qu’il dénonce entre les annonces officielles et la réalité observée sur place, le mouvement Jeunesse Extrasystème Tshopo appelle la population à marcher le 30 septembre.
C’est à l’esplanade de la poste de Kisangani que les membres du mouvement ont livré leurs observations, recueillies tronçon par tronçon. Du PK8 au PK52, la route reste praticable, même si de nombreuses barrières routières continuent de ralentir les usagers. Plus loin, entre Yate et Etanya, seules les motos parviennent encore à circuler, et difficilement. C’est au-delà, sur le tronçon reliant Yakoko à Yaokula en passant par Yalifoka et Yahila, que la situation devient critique : sur plus de 80 kilomètres, le mouvement décrit des bourbiers profonds, un ravinement total et une végétation qui gagne du terrain sur la chaussée, au point que les paysans de la zone doivent improviser des passages avec des troncs d’arbres.
Ce sont surtout certaines scènes rencontrées en chemin qui ont marqué l’équipe : une moto chargée de sacs de riz renversée dans la boue, une mère contrainte de risquer sa vie avec son bébé pour franchir une zone boueuse, et un corps sans vie transporté à moto faute d’ambulance capable d’emprunter la route. Selon les témoignages recueillis par le mouvement, les personnes chargées de ce transport seraient tombées à trois reprises avec la dépouille avant de croiser l’équipe. Pour les membres du mouvement, cette scène dépasse la seule question du développement routier et touche directement à la dignité et à la santé publique des populations riveraines.
Le mouvement relève par ailleurs des incohérences entre le discours officiel et ses propres constats. Le porte-parole du gouverneur avait annoncé que les travaux avaient atteint 70 kilomètres. Arrivée à ce point, au niveau de Yaliyembe, l’équipe affirme n’avoir vu aucun chantier en cours. D’après des témoignages recueillis localement, seuls 13 kilomètres auraient réellement été grattés par l’entreprise en charge du marché un tronçon qui resterait, selon eux, difficilement praticable. Sur le terrain, le mouvement rapporte avoir observé des engins de reprofilage appartenant à une autre entreprise, ainsi qu’une base logistique dont la seule présence ne suffit pas, à ses yeux, à prouver une intervention effective sur le chantier.

Consulté par le mouvement, un ancien ministre provincial de l’ITPR aurait indiqué que les travaux devaient initialement s’arrêter à Yataka 2, une fois utilisés les 30% de financement déjà décaissés par le gouvernement central. Le mouvement s’interroge désormais sur l’usage réel de ces fonds, rappelant qu’un simple reprofilage sans système de drainage ne résistera pas à la prochaine saison des pluies.
« L’argent a été décaissé à Kinshasa, mais la souffrance reste à Opala », a résumé un représentant du mouvement.
Face à ce constat, les jeunes formulent cinq demandes aux autorités : la publication du contrat officiel des travaux, un audit indépendant sur les fonds déjà décaissés, des clarifications sur les 70 kilomètres annoncés, la prise en compte du drainage dans les travaux, et la levée des barrières jugées illégales sur l’axe. C’est pour porter ces revendications que le mouvement a annoncé une marche populaire le 30 septembre 2026, du bureau de poste jusqu’à l’assemblée provinciale.
À ce stade, ni l’entreprise citée ni le gouvernement provincial n’ont pu être joints par Yoka Infos pour réagir à ces accusations. Nous mettrons à jour cet article si des éléments de réponse nous parviennent.
Source : YOKA INFOS

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