
Au lendemain de la marche de la Coalition Article 64 (C64) organisée le 15 septembre

Au lendemain de la marche de la Coalition Article 64 (C64) organisée le 15 septembre à Kinshasa, Delly Sesanga a répondu aux critiques de Nicolas Kazadi sur l’ampleur de la mobilisation de l’opposition. Le président d’Envol affirme que le dispositif sécuritaire déployé lors de cette manifestation ne permet pas, selon lui, de conclure à une faible mobilisation et accuse les autorités d’avoir contribué aux incidents ayant marqué le cortège.
Intervenant mardi 15 septembre lors d’un Space animé par le journaliste Stanis Bujakera, Delly Sesanga a réagi aux propos de Nicolas Kazadi, ancien ministre des Finances et cadre de l’UDPS/Tshisekedi. Ce dernier avait estimé que la mobilisation de la C64 était faible et ne traduisait pas une crise politique intérieure majeure.
Pour Sesanga, cette lecture ne correspond pas à la réalité de la journée. Il soutient notamment que l’importance du dispositif policier déployé à Kinshasa constitue, à ses yeux, un élément à prendre en compte dans l’appréciation de la mobilisation.
« Si la population était faible, on n’aurait pas eu ce déploiement de la police », a-t-il déclaré, avant d’évoquer les différents régimes politiques qui se sont succédé en RDC.
C’est dans ce contexte qu’il a lancé sa principale mise en garde à l’endroit de Nicolas Kazadi et, plus largement, des dirigeants au pouvoir : « Ceux qui sont au pouvoir depuis Mobutu, en passant par Kabila, en passant par Tshisekedi aujourd’hui, ont toujours eu ce rapport à la réalité, en considérant que la mobilisation est faible, jusqu’au jour où ils sont chassés. »
La déclaration intervient après une mobilisation qui a connu des fortunes diverses selon les villes. À Kinshasa, plusieurs militants de l’opposition se sont rassemblés à l’Échangeur de Limete avant d’emprunter le boulevard Lumumba, sous encadrement policier. La situation s’est ensuite tendue dans le secteur des 12e et 11e rues de Limete, où des affrontements ont été rapportés et où la police a fait usage de gaz lacrymogène.
Delly Sesanga affirme que les manifestants ont été confrontés à un « guet-apens ». Il accuse notamment des éléments de la Police nationale congolaise d’avoir agi avec l’appui de personnes qu’il présente comme appartenant aux Forces du progrès. Ces accusations sont celles de l’opposant et ne constituent pas, à ce stade, un constat indépendant établissant une coordination entre ces acteurs.
La marche de la C64 avait pour objectif de mobiliser contre tout projet de changement de la Constitution. Dans plusieurs villes, les rassemblements ont toutefois été empêchés ou dispersés, tandis que la manifestation a pu se tenir à Bandundu. À Kisangani, Mbuji-Mayi, Kananga, Matadi ou encore Lubumbashi, des restrictions ou interventions des forces de l’ordre ont été signalées.
Au-delà des incidents liés à la manifestation, Sesanga a également remis en cause la gestion de plusieurs dossiers par le pouvoir de Félix Tshisekedi, notamment sur le plan sécuritaire. Il a ainsi évoqué la libération de personnes qu’il présente comme ayant été impliquées dans les activités du M23, tout en interrogeant la responsabilité des autorités dans leur parcours ultérieur.
Sur le plan politique, le président d’Envol maintient que la C64 poursuivra sa mobilisation contre toute initiative susceptible, selon cette coalition, d’ouvrir la voie à un changement de la Constitution. La coalition avait notamment appelé à manifester le 15 septembre pour s’opposer au projet de référendum et défendre le respect des dispositions constitutionnelles relatives au mandat présidentiel.
Cette confrontation verbale entre Nicolas Kazadi et Delly Sesanga intervient ainsi dans un climat politique marqué par des lectures opposées de la mobilisation du 15 septembre. Alors que Kazadi en relativise la portée, Sesanga affirme au contraire que la contestation doit être prise au sérieux et réaffirme la détermination de la C64 à poursuivre son action politique.
Source : YOKA INFOS

Journaliste – Directeur de publication – Fondateur de YOKA INFOS
Raphaël ULAFIA ABDOUL est journaliste, directeur de publication et fondateur de YOKA INFOS. Licencié en droit, il assure la direction éditoriale du média et coordonne les activités de la rédaction. Il couvre principalement l’actualité politique, institutionnelle, judiciaire, sécuritaire, économique et sociale en République démocratique du Congo. À travers YOKA INFOS, il promeut un journalisme rigoureux, vérifié et accessible, au service de l’intérêt public.

