

La Coalition Article 64 (C64) annonce la reprise de ses actions citoyennes contre le projet de changement de la Constitution en République démocratique du Congo. Dans un communiqué rendu public ce samedi 15 août 2026 et consulté par YOKA INFOS, cette plateforme politique annonce une marche pacifique sur l’ensemble du territoire national le 15 septembre prochain.
La C64 affirme vouloir maintenir la pression après le renvoi au Parlement de la loi portant organisation du référendum pour une nouvelle délibération. Pour cette coalition, cette démarche ne constitue ni un retrait du texte ni une renonciation au projet de changement de la Constitution.
« Le renvoi au Parlement de la loi portant organisation du référendum pour une nouvelle délibération ne constitue ni le retrait de cette loi ni une renonciation formelle au projet de changement de Constitution », peut-on lire dans le communiqué.
La coalition estime que la question constitutionnelle intervient dans un contexte particulièrement sensible, marqué notamment par la guerre et l’occupation d’une partie du territoire national. Elle considère ainsi qu’un éventuel changement de Constitution ferait peser, selon elle, des risques supplémentaires sur la cohésion nationale, la souveraineté et l’intégrité territoriale de la RDC.

Dans cette logique, la C64 annonce la reprise de ses mobilisations citoyennes avec une marche prévue le 15 septembre 2026 à travers le pays. À Kinshasa, plusieurs points de rassemblement devraient être déterminés avant une convergence vers le Palais du Peuple, siège du Parlement.
Le message porté par la coalition se veut sans ambiguïté :
« aucune révision, aucun changement de Constitution, aucun référendum », peut-on lire dans le document.
La C64 affirme également vouloir s’opposer à toute initiative qui, selon elle, permettrait de contourner les dispositions constitutionnelles relatives à la durée et au nombre de mandats présidentiels. Elle lie notamment sa mobilisation à son opposition à un éventuel troisième mandat de Félix Tshisekedi.
Dans son communiqué, la plateforme appelle par ailleurs la population à la vigilance et à la mobilisation autour de la Constitution du 18 février 2006. Elle présente l’alternance démocratique, la souveraineté nationale et l’intégrité territoriale comme des principes qu’elle entend défendre.
« Elle appartient au peuple et nul ne peut en disposer à son gré pour prolonger son pouvoir ou se maintenir à la tête de l’État au-delà des limites que nous nous sommes collectivement données », soutient la coalition.
Le document est signé notamment par Martin Fayulu, Jean-Marc Kabund, Moïse Katumbi, Augustin Matata et Delly Sesanga, au nom de leurs différentes formations politiques.
La C64 inscrit cette mobilisation dans un calendrier politique qu’elle juge déterminant, en rappelant dans son communiqué le nombre de jours restant avant l’échéance constitutionnelle de convocation de la prochaine élection présidentielle ainsi que la fin du second et dernier mandat de Félix Tshisekedi.
Elle conclut son appel par un message dirigé contre tout projet de troisième mandat : « Pas de troisième mandat pour Félix Tshisekedi ! 2028 : Alinga, alinga te, akokende ! »
La marche annoncée du 15 septembre devra désormais préciser ses modalités pratiques, notamment les différents points de rassemblement et son dispositif d’encadrement. La C64 entend, pour sa part, poursuivre sa mobilisation autour de son opposition au changement de la Constitution.

Correspondant de YOKA INFOS à Bunia
Augustin BAFWASENDE est correspondant de YOKA INFOS à Bunia. Il couvre l’actualité politique, institutionnelle, sécuritaire, économique et sociale en République démocratique du Congo, avec une attention particulière portée aux enjeux de la province de l’Ituri.

