

À quelques semaines de la rentrée scolaire prévue le 1er septembre 2026, la Direction nationale de contrôle, de la préparation de la paie et de la maîtrise des effectifs des enseignants et du personnel administratif (DINACOPE) annonce la régularisation de 24 296 enseignants au titre de la prime de gratuité. L’institution veut désormais s’appuyer davantage sur la digitalisation pour assainir le fichier de paie, lutter contre les fraudes et garantir que les ressources destinées aux enseignants leur parviennent effectivement.
Lors d’un point de presse tenu mercredi 12 août 2026, le directeur national de la DINACOPE, Vital Lumbala Kadiata, a présenté les résultats enregistrés depuis sa prise de fonctions en février dernier. Selon lui, 23 675 enseignants du primaire qui étaient sous-payés bénéficient désormais du montant intégral de 80 000 francs congolais de la prime de gratuité, tandis que 621 autres enseignants qui n’en bénéficiaient pas encore ont été régularisés.
Au total, 24 296 enseignants ont ainsi vu leur situation corrigée. La DINACOPE affirme que cette opération a été réalisée sans enveloppe budgétaire supplémentaire, grâce au travail d’identification des doublons, des cas fictifs et d’autres irrégularités dans le fichier de paie.
« Nous n’avons pas demandé une enveloppe supplémentaire au Trésor public pour réaliser ces corrections. Nous avons travaillé sur ce qui existait déjà », a expliqué Vital Lumbala Kadiata. D’après lui, ce travail d’assainissement a permis de dégager plus de 471 millions de francs congolais d’économies, réorientées vers les bénéficiaires légitimes.
La direction entend poursuivre cette démarche en renforçant notamment l’harmonisation des bases de données avec la Direction de la paie. Cette collaboration a déjà permis, selon la DINACOPE, de détecter et de désactiver 148 administratifs de bureaux qui auraient intégré frauduleusement le fichier de paie.
Pour Vital Lumbala Kadiata, la sécurisation de la rémunération passe désormais par une transformation des méthodes de gestion.
« Nous devons disposer de données fiables, actualisées et traçables », a-t-il déclaré, annonçant la digitalisation progressive du contrôle physique et de la gestion des effectifs, avec notamment le recours à des dispositifs biométriques basés sur l’empreinte digitale et la reconnaissance faciale.
L’objectif affiché est de mieux identifier les agents effectivement en fonction, de réduire les erreurs et de limiter les pratiques frauduleuses. La DINACOPE prévoit également d’intégrer davantage les outils numériques et l’intelligence artificielle dans la gestion des données relatives aux enseignants.
La question des retenues sur les rémunérations reste toutefois un autre sujet de préoccupation. Le directeur de la DINACOPE a reconnu que des anomalies avaient été constatées lors de la paie de janvier, notamment des retenues de 20 000 francs congolais sur la prime de gratuité dans certaines provinces éducationnelles. Il assure que des mesures correctives ont été prises.
Malgré les progrès annoncés, plusieurs dossiers restent ouverts, notamment la prise en charge effective des enseignants Nouvelles Unités (NU) et la régularisation administrative et salariale des enseignants Non Payés (NP).
À l’approche de la rentrée scolaire, la DINACOPE entend donc poursuivre l’assainissement du fichier, renforcer les mécanismes de contrôle et sécuriser la paie. Pour son directeur national, la démarche repose désormais sur une méthode résumée en cinq mots : « assainir, contrôler, digitaliser, sécuriser et payer correctement ».


