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Le sénateur Jean Bamanisa Saïdi a dressé, ce mardi 11 août 2026, un état des lieux préoccupant des infrastructures en République démocratique du Congo, estimant que l’ensemble du réseau national reste confronté à d’importantes difficultés. Invité dans un Space consacré aux travaux publics, il a plaidé pour une planification à long terme et un meilleur encadrement institutionnel afin de garantir des infrastructures durables.

La RDC dispose d’un vaste patrimoine d’infrastructures comprenant notamment un réseau routier estimé à plus de 150 000 kilomètres, des voies ferrées, des voies fluviales et lacustres ainsi qu’un important réseau aéroportuaire. Pour Jean Bamanisa, l’état actuel de cet ensemble demeure préoccupant et affecte directement la mobilité des populations et l’activité économique.

Interrogé sur les secteurs les plus fragilisés, le sénateur n’a pas souhaité établir de priorité entre les différents réseaux. Selon lui, les difficultés concernent aussi bien les infrastructures urbaines que rurales, y compris dans la capitale Kinshasa.

Il reconnaît toutefois une prise de conscience plus importante des pouvoirs publics ces dernières années. Mais pour lui, les efforts engagés doivent désormais s’inscrire dans une vision qui dépasse les cycles politiques et électoraux.

C’est notamment le sens de sa proposition de loi portant principes fondamentaux des travaux publics. Le texte vise à établir un cadre général qui pourrait ensuite être précisé par des décrets au niveau national et des édits dans les provinces.

Sur la question du financement, Jean Bamanisa estime que les investissements consacrés aux infrastructures ont progressé, évoquant une part du budget national située autour de 12 à 14 %. Il appelle cependant à éviter une multiplication de chantiers sans mécanismes suffisants de contrôle et de suivi.

Pour le sénateur, le problème ne se limite pas au manque de ressources financières. Il relève également des insuffisances dans la manière de planifier et d’exécuter les projets, avec une tendance à disperser les moyens disponibles sur plusieurs chantiers plutôt qu’à privilégier des ouvrages solides et durables.

Jean Bamanisa a également replacé la situation actuelle dans une perspective historique. Il estime que les crises politico-militaires survenues après l’indépendance ont contribué à modifier les priorités nationales en matière de transport et de communication, avec des conséquences qui se font encore sentir sur les réseaux routier et ferroviaire.

Il insiste surtout sur la nécessité de renforcer les normes techniques et le suivi des travaux. À ses yeux, construire une infrastructure ne devrait pas être considéré comme une opération ponctuelle, mais comme un investissement appelé à répondre durablement aux besoins des populations.

Au-delà des questions techniques et financières, le sénateur estime ainsi que la responsabilité est partagée entre plusieurs acteurs et qu’une réforme institutionnelle reste nécessaire pour mieux organiser le secteur.

La proposition de loi qu’il porte entend justement apporter ce cadre. Pour Jean Bamanisa, la RDC doit désormais se doter d’outils permettant de planifier, financer, exécuter et entretenir ses infrastructures sur plusieurs décennies, afin d’éviter de revenir régulièrement aux mêmes chantiers de reconstruction.

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