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La société civile du territoire de Mambasa, en Ituri, annonce une journée de deuil et de paralysie des activités pour ce mercredi 12 août 2026, en réaction à la multiplication des attaques attribuées aux ADF. Elle prévoit également de lancer, dès jeudi 13 août, un mouvement d’« incivisme fiscal » pour une durée de six mois afin de pousser les autorités à renforcer la protection des populations.

Cette décision intervient après plusieurs semaines marquées, selon les acteurs locaux, par des attaques, des enlèvements et des tueries de civils dans différentes chefferies du territoire. Les structures de la société civile dénoncent ce qu’elles considèrent comme une réponse insuffisante face à la dégradation de la situation sécuritaire.

Pour la journée de mercredi, elles appellent notamment à la fermeture des commerces, à l’arrêt des activités et à la suspension de la circulation. L’objectif annoncé est à la fois de rendre hommage aux victimes et d’interpeller les autorités sur la nécessité de prendre des mesures concrètes.

Jospin Paluku Mbowa, président de la Nouvelle société civile congolaise (NSCC), explique que cette mobilisation vise à obtenir une réaction plus ferme des autorités.

« Face à la détérioration de la situation sécuritaire dans le territoire de Mambasa, causée par l’activisme des ADF dans plusieurs chefferies, ces actions visent à interpeller les autorités pour qu’elles prennent leurs responsabilités et rétablissent la paix dans l’ensemble du territoire de Mambasa », a-t-il déclaré.

La perspective d’un mouvement d’« incivisme fiscal » pendant six mois traduit également la montée de la frustration au sein de la société civile locale. Les organisations entendent ainsi exercer une pression sur les autorités à travers la suspension annoncée de certaines obligations fiscales.

Cette démarche suscite toutefois des inquiétudes. L’ONGDH Protection Plus redoute que l’accumulation des frustrations liées à l’insécurité ne débouche sur une nouvelle crise dans le territoire.

« La sécurité ne peut être construite contre la population, mais avec elle. Il est urgent de rétablir la confiance avant que la colère ne se transforme en confrontation », alerte Me John Vuleveryo Musombolwa, facilitateur et défenseur des droits humains au sein de cette organisation.

Du côté de l’administration territoriale, le commissaire supérieur principal Matadi Muyapandi Jean Baptiste appelle plutôt à privilégier le dialogue. L’administrateur du territoire de Mambasa estime que les revendications liées à l’insécurité doivent faire l’objet d’une concertation entre les représentants de la population et les autorités afin d’identifier des pistes de réponse à l’activisme des ADF.

La journée de deuil annoncée mercredi devrait donc constituer un premier test de cette mobilisation. La suite du mouvement, notamment l’« incivisme fiscal » annoncé à partir du 13 août, dépendra également de l’évolution de la situation sécuritaire et des éventuelles réponses des autorités aux revendications de la société civile.

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