
Le vice-Premier ministre, ministre de l’Intérieur, Jacquemin Shabani, a ordonné la suspension du maire de Tshikapa, Faustin Lumu Luabo, après la diffusion d’une vidéo le montrant en train de déchirer publiquement un exemplaire de la Constitution. Cette mesure conservatoire s’accompagne de l’ouverture d’une procédure disciplinaire pour faute grave, sur fond de débat national autour du projet de révision constitutionnelle.
Le gouvernement central a décidé de suspendre à titre conservatoire le maire de la ville de Tshikapa, Faustin Lumu Luabo, à la suite d’un geste qui a suscité de nombreuses réactions au sein de l’opinion publique. Dans une vidéo largement relayée sur les réseaux sociaux, l’autorité urbaine apparaît en train de déchirer un exemplaire de la Constitution lors d’une activité politique consacrée au projet de changement de la Loi fondamentale.
Dans un message officiel adressé au gouvernement provincial du Kasaï, le vice-Premier ministre en charge de l’Intérieur, Jacquemin Shabani, a ordonné la suspension immédiate du maire de Tshikapa. Il a également annoncé l’ouverture d’une action disciplinaire à son encontre pour « faute grave ».
En attendant l’issue de cette procédure, le ministre de l’Intérieur a instruit que l’intérim à la tête de la mairie soit assuré par le maire adjoint, afin d’assurer la continuité de l’administration de la ville.
Les faits reprochés à Faustin Lumu Luabo remontent à une matinée politique organisée dans le cadre de la campagne de sensibilisation autour du projet de révision de la Constitution. Devant plusieurs participants, le maire avait déchiré une copie de la Loi fondamentale, affirmant ainsi, selon ses propos, avoir « traduit la parole en acte » pour marquer son soutien à cette initiative.
Ce geste intervient dans un contexte où la question de la réforme constitutionnelle continue d’alimenter les débats en République démocratique du Congo. Si certains responsables politiques plaident pour une adaptation de la Constitution aux réalités actuelles du pays, d’autres appellent au respect du texte en vigueur et à un large consensus national avant toute réforme.
La décision du vice-Premier ministre traduit la volonté du gouvernement de faire respecter les obligations liées à l’exercice des fonctions publiques, alors que les autorités multiplient les appels à un débat responsable sur les questions institutionnelles.
La procédure disciplinaire engagée contre Faustin Lumu Luabo devrait permettre d’établir les responsabilités et de déterminer les suites administratives à réserver à cette affaire, qui continue de susciter de nombreuses réactions sur la scène politique congolaise.

Juriste | Journaliste | Entrepreneur | Fondateur de YOKA INFOS