
Le président Félix Tshisekedi a défendu l’accord de partenariat stratégique conclu entre la République démocratique du Congo et les États-Unis, face aux critiques formulées par plusieurs acteurs de l’opposition.
S’exprimant vendredi 30 octobre 2026 devant la diaspora congolaise à Moscou, en Russie, le chef de l’État a rejeté les accusations de bradage des ressources nationales et revendiqué les retombées diplomatiques de cet accord.
« J’ai vendu le pays ou j’ai aidé le pays à se relever ? », a lancé Félix Tshisekedi, en revenant sur les critiques qui avaient accompagné la signature du partenariat avec Washington. Selon lui, certains opposants qui dénonçaient initialement cet accord envisagent désormais de le maintenir s’ils accèdent un jour aux responsabilités.
Le président congolais estime que cette évolution de position révèle, à ses yeux, les contradictions de ses détracteurs. Il a notamment affirmé que son gouvernement avait réalisé des efforts dans plusieurs secteurs, dont le sport et la diplomatie, avant de présenter le rapprochement avec les États-Unis comme l’un des acquis de son mandat.
« Aujourd’hui, nous avons noué un partenariat avec les États-Unis, le partenariat qu’eux-mêmes étaient en train de refuser et de rejeter, en disant que Félix Tshisekedi a vendu le pays », a-t-il déclaré.
Au-delà de cette défense, le chef de l’État a vivement critiqué l’attitude de l’opposition, à laquelle il reproche de ne pas placer les intérêts de la population au centre de ses préoccupations. Il l’accuse notamment de maintenir les Congolais dans la distraction au lieu de soutenir les initiatives susceptibles de contribuer au développement du pays.
Ces déclarations interviennent alors que l’accord de partenariat stratégique entre Kinshasa et Washington continue de susciter des débats sur ses implications économiques, diplomatiques et sur la gestion des ressources naturelles congolaises. Les minerais critiques occupent une place importante dans ce rapprochement, qui vise notamment à renforcer la coopération entre les deux pays dans les secteurs stratégiques.
Du côté de l’opposition, les réserves ne portent pas uniquement sur le principe du partenariat, mais également sur les garanties qui doivent encadrer sa mise en œuvre. Réunie à Rome, en Italie, la coalition C64 a notamment plaidé pour des engagements mutuellement bénéfiques, dans le respect de la Constitution congolaise, particulièrement de son article 220 relatif aux dispositions constitutionnelles verrouillées.
Dans sa déclaration finale lue par Delly Sesanga, la coalition a affirmé que les engagements issus de l’accord de Washington devraient profiter aux deux États, tout en garantissant la stabilité, l’amélioration du climat des affaires et la lutte contre la corruption.
L’ancien président Joseph Kabila avait également critiqué la manière dont Félix Tshisekedi présente ce partenariat. Il avait toutefois rappelé qu’un accord conclu entre États demeure soumis au principe de continuité de l’État et ne dépend pas de la durée de vie des régimes politiques qui le signent.
Cette controverse diplomatique se déroule dans un contexte politique marqué par les divergences autour de l’organisation d’un dialogue national, réclamé par différentes forces politiques et sociales. Les discussions portent notamment sur son caractère inclusif, ses modalités de facilitation et les garanties nécessaires à la participation des différentes parties.
En défendant publiquement son choix devant la diaspora congolaise à Moscou, Félix Tshisekedi entend ainsi répondre aux critiques et réaffirmer sa confiance dans le partenariat avec Washington. Reste que les retombées concrètes de cet accord, notamment pour l’économie congolaise et la population, constitueront un élément déterminant dans l’appréciation de sa mise en œuvre.
Source : YOKA INFOS

Rédaction centrale – YOKA INFOS
La Rédaction YOKA INFOS réunit des journalistes, correspondants et collaborateurs engagés dans la production d’une information fiable, vérifiée et équilibrée. Elle couvre l’actualité politique, institutionnelle, judiciaire, sécuritaire, économique, sociale, culturelle et sportive en République démocratique du Congo. Fidèle à sa devise, « Informer. Inspirer. Unir. », la rédaction place la rigueur, l’éthique et l’intérêt public au cœur de son travail.