26 octobre 2026
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Le sénateur Salomon Kalonda Della Idi appelle ses collègues du Sénat à rejeter la proposition de loi fixant les conditions d’organisation du référendum en République démocratique du Congo, de nouveau adoptée par l’Assemblée nationale le vendredi 23 octobre 2026. Dans une déclaration rendue publique dimanche 25 octobre, il estime que ce texte pourrait ouvrir la voie à une modification de la Constitution du 18 février 2006 et, selon ses craintes, favoriser un troisième mandat pour Félix Tshisekedi.

Alors que la proposition de loi revient au Sénat pour une seconde lecture, l’élu invite la chambre haute à ne pas traiter cet examen comme une simple formalité parlementaire. Il considère que la décision des sénateurs pourrait avoir des conséquences importantes sur l’avenir institutionnel du pays.

Salomon Kalonda conteste notamment la portée des modifications apportées au texte après la prise en compte des treize réserves d’interprétation formulées par la Cour constitutionnelle. Pour lui, ces ajustements ne dissipent pas les inquiétudes relatives aux objectifs politiques qu’il attribue à cette initiative législative.

« Corriger la forme ne guérit pas le fond », affirme-t-il, estimant que les changements introduits ne répondent pas aux préoccupations essentielles soulevées par les opposants au texte.

Le sénateur critique également les conditions dans lesquelles la proposition de loi a été adoptée à l’Assemblée nationale, en l’absence de l’opposition. À ses yeux, une initiative touchant aux fondements de l’ordre constitutionnel devrait faire l’objet d’un débat politique plus large afin de préserver le consensus national.

S’adressant directement à ses collègues de la chambre haute, il les appelle à mesurer la portée de leur vote.

« Le Sénat est la chambre de la sagesse et de l’équilibre des provinces. Je vous demande de ne pas être la chambre qui a ouvert la boîte de Pandore », écrit-il dans sa déclaration.

Au-delà du Parlement, Salomon Kalonda interpelle également le président de la République, Félix Tshisekedi, qu’il exhorte à ne pas promulguer la proposition de loi si elle est définitivement adoptée. Il rappelle que le chef de l’État avait précédemment renvoyé le texte au Parlement et l’invite à maintenir sa position.

Pour justifier son opposition, le sénateur évoque la situation sécuritaire et humanitaire dans l’est du pays, marquée par la persistance des violences et les déplacements de populations. Il estime que les priorités nationales devraient porter sur le rétablissement de la paix et la protection des citoyens plutôt que sur une initiative susceptible, selon lui, de raviver les tensions politiques.

Il fait également référence à l’héritage politique d’Étienne Tshisekedi et d’autres figures ayant combattu les régimes autoritaires en RDC. Selon lui, la Constitution de 2006 représente un acquis collectif issu du processus de paix de Sun City et ne devrait être considérée comme la propriété d’aucun parti politique ni d’un individu.

Le sénateur appelle enfin la population congolaise à suivre attentivement la suite de la procédure parlementaire et à retenir les positions des élus sur ce dossier.

« La Constitution de 2006 est le fruit de Sun City, payée du prix du sang de nos compatriotes. Elle n’appartient ni à un parti, ni à un homme. Elle vous appartient », insiste-t-il.

La proposition de loi référendaire poursuit ainsi son parcours institutionnel après sa nouvelle adoption à l’Assemblée nationale. Son examen au Sénat constitue une étape importante du processus, dans un contexte où les débats sur l’avenir de la Constitution et les limites du pouvoir présidentiel suscitent des divergences entre acteurs politiques.

Source : YOKA INFOS