22 octobre 2026
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À Kisangani, la LUCHA condamne l’engagement politico-militaire de Joseph Kabila et appelle Félix Tshisekedi à assumer ses responsabilités pour protéger les populations et préserver l’intégrité territoriale. Le mouvement réclame également un cessez-le-feu effectif et un dialogue national inclusif.

Dans une déclaration lue le 21 octobre par Lambert Bakonda, militant du mouvement à Kisangani, la Lutte pour le changement exprime ses inquiétudes face à l’aggravation de la crise politique et sécuritaire en RDC. Elle dénonce l’engagement annoncé de Joseph Kabila à la tête d’un nouveau mouvement politico-militaire et demande au président Félix Tshisekedi des réponses concrètes pour protéger les populations et préserver l’intégrité territoriale.

Pour ce mouvement citoyen, les dix-huit années passées par Joseph Kabila à la tête du pays lui imposent une obligation de rendre compte de ses actes. La LUCHA exige qu’il renonce à toute entreprise armée visant à accéder au pouvoir ou à peser sur l’avenir politique de la RDC.

« Aucun différend politique, aussi profond soit-il, ne saurait justifier le recours aux armes au détriment de la sécurité et de la vie des Congolais », souligne la déclaration.

Le mouvement interpelle également Félix Tshisekedi sur les dispositions prises pour anticiper les menaces sécuritaires. Évoquant des déclarations selon lesquelles les autorités disposaient depuis plusieurs mois d’informations sur les intentions de Joseph Kabila, il réclame des explications sur les mesures engagées pour en prévenir les conséquences.

« Face à de telles menaces, la responsabilité du chef de l’État ne saurait se limiter à leur dénonciation. Elle exige des actes concrets pour protéger les populations et préserver l’intégrité du territoire national », insiste la LUCHA.

Le mouvement se dit, par ailleurs, préoccupé par les velléités de modification de la Constitution. Il demande au chef de l’État de renoncer à toute initiative qui viserait à prolonger son maintien au pouvoir, estimant qu’un passage en force risquerait d’accentuer les fractures politiques et sociales.

Dans son analyse, la LUCHA établit un lien entre la crise actuelle et les conditions de l’alternance de janvier 2019. Elle considère que l’arrangement politique entre Joseph Kabila et Félix Tshisekedi, après les élections de décembre 2018, a privilégié les intérêts de pouvoir au détriment de la souveraineté populaire. Selon elle, leur confrontation actuelle fait peser de nouvelles menaces sur la cohésion nationale.

Sur le plan sécuritaire, le mouvement exige le respect du cessez-le-feu par toutes les parties, conformément aux engagements pris dans les processus de Doha et de Washington. Il réclame aussi l’application des mécanismes de vérification et l’ouverture de couloirs humanitaires sécurisés dans l’Est, où il décrit une situation aggravée par les risques sanitaires, notamment Ebola.

La LUCHA soutient enfin un dialogue national inclusif fondé sur les démarches de la CENCO et de l’ECC, avec l’appui de l’Union africaine et des Nations unies. Ce cadre devrait, selon elle, déboucher sur des engagements précis et un suivi indépendant, sans devenir « un nouveau cadre de partage du pouvoir au mépris de la souveraineté populaire ».

Source : YOKA INFOS