23 octobre 2026
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L’interpellation de la sénatrice Carole Agito Amela, survenue mercredi à Kinshasa avant sa remise en liberté quelques heures plus tard, suscite des interrogations au sein de la majorité présidentielle. À l’ouverture de la plénière du Sénat jeudi 22 octobre 2026, son président, Jean-Michel Sama Lukonde, a contesté la régularité de cette procédure, invoquant les dispositions constitutionnelles et réglementaires relatives aux immunités parlementaires.

Prenant la parole devant les sénateurs, Sama Lukonde a estimé que l’interpellation de sa collègue était contraire à l’article 107 de la Constitution ainsi qu’à l’article 223 du règlement intérieur du Sénat. Ces dispositions encadrent les conditions dans lesquelles les poursuites ou les mesures judiciaires visant un parlementaire peuvent être engagées, notamment au regard de ses immunités.

Au-delà de la controverse juridique, cette affaire prend une dimension politique particulière en raison du profil de Carole Agito. Membre de la majorité présidentielle, elle a notamment participé à la campagne de Félix-Antoine Tshisekedi dans l’ancienne Province orientale lors de l’élection présidentielle de 2023. Elle est également membre du présidium de l’Union sacrée de la nation et dirige un parti allié à l’UDPS.

La sénatrice s’est aussi illustrée dans des dossiers politiques sensibles. En tant que rapporteure, elle a porté le rapport de la commission spéciale ayant autorisé l’instruction du dossier visant l’ancien président Joseph Kabila. Ces derniers jours, elle avait par ailleurs affiché son opposition à l’Alliance Fleuve Congo (AFC/M23), selon les informations rapportées.

D’après des sources citées dans les informations à l’origine de cette affaire, Carole Agito préparait également une réunion élargie des élus de la Grande Orientale, réunissant députés nationaux et sénateurs, dans le but de mobiliser des soutiens en faveur du chef de l’État. Ce contexte renforce les interrogations exprimées par certains de ses collègues sur les circonstances de son interpellation.

Un sénateur de la majorité, cité sous couvert d’anonymat, a estimé qu’« au-delà des immunités, elle ne mérite pas un traitement aussi dégradant ». Cette réaction illustre le malaise que l’affaire semble provoquer parmi certains élus, alors même que la sénatrice appartient au camp présidentiel.

Pour l’heure, les circonstances précises de l’interpellation et les motifs qui l’ont justifiée n’ont pas été détaillés dans les informations disponibles. La contestation exprimée par le président du Sénat porte ainsi le débat sur le respect des garanties accordées aux parlementaires et sur les conditions d’intervention des autorités compétentes.

L’évolution de cette affaire dépendra notamment des explications officielles sur les raisons de l’interpellation et de la suite éventuellement réservée à la procédure. Elle remet en lumière la question du respect des immunités parlementaires, au cœur des relations entre les institutions judiciaires et le pouvoir législatif en République démocratique du Congo.

Source : YOKA INFOS