Le Front pour la refondation de la nation (FRN), anciennement AFC/M23, a fait part à une délégation des Nations unies de ses inquiétudes concernant un éventuel changement de la Constitution en République démocratique du Congo. Selon Bertrand Bisimwa, vice-président de ce mouvement politico-militaire, une telle réforme pourrait compromettre le processus de paix engagé à Doha, au Qatar, entre le mouvement et le gouvernement congolais.
Cette position a été présentée lors d’une rencontre avec la délégation onusienne conduite par James Swan, représentant spécial du secrétaire général de l’ONU et chef de la MONUSCO en RDC. D’après Bertrand Bisimwa, le mouvement considère que les textes déjà conclus dans le cadre des négociations de Doha reposent sur la Constitution actuellement en vigueur.
« Nous avons démontré que les accords que nous avons signés à Doha, que ce soit la déclaration de principes, que ce soit l’accord-cadre, ainsi que tous les autres protocoles qui ont été signés, avaient comme soubassement la Constitution actuelle », a déclaré Bertrand Bisimwa, mardi 3 novembre 2026.
Le responsable du FRN estime que toute modification de la loi fondamentale pourrait remettre en cause ces engagements.
« Si jamais cette Constitution est changée, tout le processus de paix de Doha va tout simplement s’effondrer », a-t-il affirmé.
Le mouvement a également appelé les Nations unies à intervenir auprès du président Félix Tshisekedi afin de l’alerter sur les conséquences que pourrait avoir une éventuelle révision constitutionnelle sur les négociations en cours.
« Il était donc question que la MONUSCO, ainsi que les Nations unies en général, rappellent à l’ordre Monsieur Tshisekedi sur le danger que court le processus de paix dans son ensemble si jamais il change la Constitution », a ajouté Bertrand Bisimwa.
Cette prise de position intervient dans un contexte de débats politiques autour de l’avenir de la Constitution congolaise. Les deux chambres du Parlement viennent d’adopter une proposition de loi portant organisation du référendum en RDC, une démarche qui suscite des réserves au sein de l’opposition politique et armée.
Certains opposants y voient une possible étape vers une modification de la Constitution susceptible de permettre à Félix Tshisekedi de prolonger son maintien au pouvoir. Cette interprétation relève toutefois de leur position politique et ne constitue pas, à elle seule, une preuve de l’existence d’un tel projet.
Lancé officiellement le 12 octobre 2026, le Front pour la refondation de la nation a reçu pour la première fois une délégation des Nations unies conduite par James Swan. Cette rencontre intervient alors que la crise sécuritaire dans l’Est de la RDC reste au centre des efforts diplomatiques et des initiatives de paix.
Pour l’heure, aucune réaction officielle de la présidence congolaise ni de la MONUSCO sur les déclarations de Bertrand Bisimwa n’est rapportée dans les informations disponibles.
Source : YOKA INFOS

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