
La République démocratique du Congo a été officiellement retirée de la liste grise du Groupe d’action financière (GAFI), qui regroupe les juridictions soumises à une surveillance renforcée en raison de leurs insuffisances dans la lutte contre le blanchiment des capitaux et le financement du terrorisme. L’annonce a été faite dans un communiqué du ministère des Finances daté du 30 octobre 2026 à Kinshasa, après la réalisation des 23 actions prévues dans le plan d’action convenu avec cette organisation internationale.
Dans ce document parvenu à l’équipe rédactionnelle de YOKA INFOS, le ministère des Finances présente cette décision comme le résultat de plusieurs réformes engagées pour renforcer le dispositif national de contrôle des flux financiers et améliorer la lutte contre les activités financières illicites.
Les efforts réalisés se traduisent notamment par le renforcement du cadre juridique et réglementaire, l’amélioration de la supervision des institutions financières ainsi que le développement des capacités d’enquête et de poursuite judiciaire. La Cellule nationale des renseignements financiers (CENAREF), la Banque centrale du Congo (BCC) et les autres services de contrôle ont été mobilisés dans ce processus.
Les données communiquées par le ministère font état d’environ 540 contrôles effectués entre 2022 et décembre 2025. Durant la même période, les autorités judiciaires ont engagé près de 100 poursuites sur un total de 246 enquêtes menées dans les domaines du blanchiment des capitaux, du financement du terrorisme et de la prolifération des armes de destruction massive.
Ces opérations ont également abouti à 31 saisies et 13 confiscations d’avoirs d’origine criminelle, dont la valeur globale est estimée à environ 46,75 millions de dollars américains.
Pour le ministre des Finances, Doudou Roussel Fwamba Likunde Li-Botayi, cette évolution représente un signal important pour la crédibilité financière du pays sur la scène internationale.
« Cette décision constitue une étape majeure pour l’intégrité du système financier et la crédibilité financière internationale de la République démocratique du Congo », souligne-t-il dans le communiqué.
Au-delà de sa portée institutionnelle, cette sortie de la liste grise pourrait produire des effets sur les relations économiques de la RDC avec ses partenaires étrangers. Elle est notamment susceptible de renforcer la confiance des investisseurs, de faciliter les relations de correspondance bancaire et les paiements transfrontaliers, ainsi que de favoriser les échanges commerciaux internationaux.
Les secteurs minier, énergétique, industriel et des infrastructures figurent parmi ceux qui pourraient bénéficier d’un environnement financier plus favorable à la mobilisation des investissements.
Toutefois, le ministère des Finances reconnaît que cette reconnaissance ne constitue pas une fin en soi. La consolidation des acquis dépendra de la poursuite des réformes, du renforcement de l’intégrité du système financier et de l’amélioration du climat des affaires.
Après avoir satisfait aux 23 actions de son plan avec le GAFI, la RDC devra donc maintenir les mécanismes de contrôle et de surveillance mis en place pour éviter de nouveaux reculs. L’enjeu est désormais de transformer cette avancée internationale en opportunités économiques concrètes au bénéfice de la population congolaise.
Source : YOKA INFOS

Correspondant de YOKA INFOS à Bunia
Delphin ANECO est correspondant de YOKA INFOS à Bunia. Il couvre l’actualité politique, sécuritaire, économique et sociale en République démocratique du Congo, avec une attention particulière portée aux enjeux de la province de l’Ituri.