

Le journaliste Steves Paluku Mbusa a soutenu ce lundi 28 septembre 2026, à l’Université de Kisangani (UNIKIS), un mémoire consacré aux pratiques du journalisme web dans la lutte contre la maladie à virus Ebola dans la province de la Tshopo. Son étude s’est intéressée aux pratiques de Kis24 et Kaba Lisolo, deux médias en ligne basés à Kisangani et impliqués dans la couverture de la riposte contre l’épidémie.
Intitulé « Pratique du journalisme web dans la lutte contre la maladie à virus Ebola dans la province de la Tshopo : cas de Kis24 et Kaba Lisolo », le travail s’est penché sur la manière dont ces deux médias produisent et diffusent des informations liées à la crise sanitaire.
Selon les résultats présentés par le chercheur, Kis24 se distingue notamment par une production régulière de contenus consacrés à la sensibilisation de la population contre Ebola, avec un recours important aux sources officielles et institutionnelles.
Kaba Lisolo, de son côté, accorde davantage de place à l’utilisation des langues nationales, notamment le lingala, dans ses contenus de sensibilisation. Pour Steves Paluku Mbusa, cette approche peut faciliter la compréhension des messages sanitaires par les communautés locales.
« En période d’épidémie, il est toujours conseillé de communiquer ou de sensibiliser dans la langue que la population écoute », a-t-il expliqué lors de la présentation de ses résultats.
L’étude relève également une différence dans le rapport avec les communautés. Alors que Kis24 privilégie davantage les sources institutionnelles, Kaba Lisolo est présenté comme développant une interaction plus importante avec ses abonnés à travers les articles et les vidéos publiés en ligne.
Au-delà de ces différences, le mémoire identifie un défi commun au secteur médiatique : la préparation des journalistes à la couverture des situations épidémiques. Selon Steves Paluku Mbusa, les difficultés observées ne sont pas nécessairement liées à la volonté des médias de participer à la riposte, mais plutôt à l’insuffisance de formations spécialisées permettant aux journalistes de savoir quelles informations privilégier et comment les traiter dans un contexte sanitaire particulier.
« Les journalistes ne sont pas suffisamment formés dans ce genre de situation. Lorsqu’il y a une épidémie à Kisangani, comment le journaliste se comporte, comment il doit traiter les informations et quelles priorités accorder à quel type d’informations », a-t-il relevé.
Dans ses recommandations, le journaliste appelle ainsi les autorités sanitaires, notamment la Division provinciale de la Santé, le ministère de la Santé et les autres structures concernées, à organiser des formations spécifiques au profit des professionnels des médias pendant les périodes épidémiques.
Il préconise également l’intégration de mécanismes de fact-checking au sein des rédactions. Cette recommandation vise notamment à renforcer la vérification des informations alors que les épidémies s’accompagnent souvent de rumeurs susceptibles de compliquer les efforts de sensibilisation et de prévention.
Pour le chercheur, l’objectif est de permettre aux médias de mieux accompagner les autorités sanitaires tout en fournissant aux populations une information fiable, compréhensible et adaptée au contexte communautaire.
Cette soutenance intervient alors que la Tshopo reste confrontée à l’épidémie d’Ebola, faisant de la qualité de l’information et de la communication avec les communautés un enjeu important de la riposte. À travers son étude, Steves Paluku Mbusa met ainsi en avant le rôle que peuvent jouer les médias en ligne, tout en appelant à renforcer leurs capacités face aux crises sanitaires.
Source : YOKA INFOS

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