
Le gouvernement congolais prévoit de consacrer 400 milliards de francs congolais (FC) au financement des prochaines échéances électorales dans son projet de budget 2027, actuellement examiné à l’Assemblée nationale. Présentée par la Première ministre Judith Suminwa Tuluka, cette provision intervient alors que la Commission électorale nationale indépendante (CENI) fait face à des difficultés financières dans la mise en œuvre de sa feuille de route pour les scrutins prévus en 2028.
Évalué à 56 930 milliards de FC, le projet de loi de finances 2027 affiche une hausse d’environ 12 % par rapport au budget rectificatif de 2026. Sur cette enveloppe globale, les dépenses exceptionnelles sont estimées à 7 472 milliards de FC, soit une baisse de 9 % par rapport à l’exercice précédent.
Lors de la présentation du texte devant les députés nationaux, Judith Suminwa a précisé que les crédits prévus pour les élections s’inscrivent dans les dépenses exceptionnelles sur ressources propres de l’État. Outre les 400 milliards de FC destinés aux opérations électorales, le gouvernement prévoit 181 milliards de FC pour le recensement et l’identification de la population, ainsi que 110 milliards de FC pour la réserve destinée aux calamités et sinistres.
Cette annonce intervient dans un contexte où la CENI peine à concrétiser plusieurs activités inscrites dans sa feuille de route 2025-2029. Ce document, présenté comme un instrument de planification des opérations devant conduire aux élections de 2028, connaît des retards liés notamment aux contraintes de financement.
En septembre 2026, le président de la CENI, Denis Kadima Kazadi, avait échangé avec le vice-Premier ministre et ministre du Budget, Adolphe Muzito Fumutsi, sur les besoins financiers nécessaires à la préparation des prochaines opérations électorales. Ces discussions témoignent des enjeux budgétaires auxquels fait face la centrale électorale à moins de deux ans des échéances annoncées.
Toutefois, les 400 milliards de FC annoncés ne constituent pas encore un financement définitivement acquis. Le projet de loi de finances est toujours soumis à l’examen du Parlement, où les commissions économiques et financières peuvent proposer des ajustements aux crédits prévus. L’Assemblée nationale et le Sénat devront examiner le texte avant son adoption définitive et sa transmission au président de la République pour promulgation.
Si cette enveloppe est maintenue et effectivement décaissée, elle pourrait contribuer au financement des préparatifs électoraux, notamment dans un contexte où plusieurs activités de la feuille de route de la CENI attendent encore leur mise en œuvre.
À ce stade, l’enjeu ne se limite donc pas à l’inscription des crédits dans le budget, mais concerne également leur adoption définitive, leur mise à disposition et leur utilisation effective par les institutions chargées de préparer les élections de 2028.
Source : YOKA INFOS

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