
Le président Félix Tshisekedi a posé une condition à la participation au dialogue national annoncé en République démocratique du Congo : les acteurs concernés ne doivent avoir aucun lien avec le Rwanda et doivent, selon lui, dénoncer leur passé avec Kigali. S’exprimant le 30 octobre 2026 devant la diaspora congolaise en Russie, le chef de l’État a également qualifié les membres de l’AFC/M23 de « pantins » et annoncé la composition prochaine du comité chargé de préparer ces assises.
Cette déclaration intervient alors que les discussions autour du dialogue national restent marquées par des divergences entre les acteurs politiques, notamment sur la participation des groupes armés, le choix du médiateur et les modalités d’organisation. En posant cette condition, Félix Tshisekedi entend ainsi fixer une ligne politique concernant les personnes et les organisations susceptibles de prendre part aux échanges.
« Ceux qui veulent venir au dialogue doivent n’avoir rien à voir avec le Rwanda », a insisté le chef de l’État, selon les propos rapportés lors de cette rencontre. Il a également appelé les éventuels participants concernés à dénoncer leur passé et à se défaire de tout lien avec Kigali.
Le président congolais a, par ailleurs, tenu des propos particulièrement fermes à l’égard de l’Alliance Fleuve Congo (AFC) et du Mouvement du 23 mars (M23), qu’il a qualifiés de « pantins ». Il leur attribue notamment une revendication visant à faire du kinyarwanda une cinquième langue nationale en RDC. Cette affirmation n’a toutefois pas été publiquement documentée par le mouvement dans les éléments disponibles.
Sur le plan institutionnel, Félix Tshisekedi a annoncé que le comité chargé de l’organisation du dialogue national sera constitué « bientôt ». Cette annonce intervient après une précédente promesse faite le 24 octobre devant les membres de l’Union sacrée, lorsque le chef de l’État avait évoqué la nomination de l’équipe préparatoire dès la semaine suivante. À la date de sa déclaration en Russie, les membres de ce comité n’étaient toujours pas officiellement connus.
L’ordonnance instituant le comité d’organisation préliminaire, placé sous l’autorité du président de la République, avait été signée le 13 septembre 2026. Sa composition et les modalités concrètes de fonctionnement du dialogue restent donc des éléments attendus par les différentes parties prenantes.
Cette initiative intervient dans un contexte de tensions persistantes dans l’Est du pays, où Kinshasa accuse Kigali de soutenir militairement l’AFC/M23, des accusations rejetées par les autorités rwandaises. Elle se déroule également alors que plusieurs acteurs de l’opposition et de la société civile réclament un dialogue inclusif, avec des garanties sur sa neutralité et ses résultats.
La question de la participation des acteurs politiques liés, directement ou indirectement, aux conflits dans l’Est demeure ainsi l’un des principaux points de désaccord. La condition posée par Félix Tshisekedi soulève notamment une interrogation : selon quels critères les liens passés ou présents avec le Rwanda seront-ils établis, et quelle instance sera chargée d’en juger ?
La publication de la composition du comité préparatoire devrait permettre de connaître les prochaines étapes du processus et de préciser les conditions dans lesquelles le dialogue national pourrait se tenir.
Source : YOKA INFOS

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