31 octobre 2026
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Le président de l’Assemblée provinciale de la Tshopo, le Dr Mateus Kanga Londimo, a appelé l’UDPS/Tshisekedi à ne pas assimiler le contrôle parlementaire à un acharnement politique contre la ministre de l’Enseignement supérieur et universitaire, Marie-Thérèse Sombo Safi Mukuna. Cette mise au point est intervenue vendredi 30 octobre 2026, après la réception d’une délégation de la Fédération rurale de l’UDPS/Tshisekedi venue déposer un mémorandum en soutien à la ministre.

Conduite par son président fédéral, Faustin Bangombe Lifeta, la délégation a sollicité l’implication des autorités provinciales pour préserver la position de Marie-Thérèse Sombo au sein du gouvernement central. Cette démarche fait suite aux recommandations de la commission d’enquête de l’Assemblée nationale sur la gestion des fonds du ministère de l’ESU, qui ont notamment invité le gouvernement à envisager des sanctions à l’encontre de la ministre.

En recevant le document, Mateus Kanga a salué la solidarité exprimée envers cette ressortissante de la Tshopo, qu’il connaît également pour avoir été son enseignante. Il a décrit Marie-Thérèse Sombo comme une femme de caractère et de rigueur, tout en affirmant présumer son innocence dans les faits qui lui sont reprochés.

Le président de l’Assemblée provinciale a toutefois tenu à rappeler que les députés nationaux exercent une mission constitutionnelle de contrôle de l’action gouvernementale. Pour lui, le fait de demander des comptes aux membres du gouvernement ne constitue pas nécessairement une démarche visant à déstabiliser les institutions.

« On ne peut pas considérer une action de contrôle parlementaire comme un acharnement », a-t-il déclaré, estimant qu’il revient aux responsables concernés d’apporter les éléments nécessaires pour répondre aux préoccupations soulevées par les élus.

Mateus Kanga a néanmoins exprimé des réserves sur ce qu’il considère comme un traitement différencié entre les membres du gouvernement selon leurs provinces d’origine.

« Nous soutenons le contrôle, mais sans parti pris », a-t-il insisté, appelant à l’équité dans l’examen des dossiers des responsables publics.

La question de la représentation de la Tshopo au sein du gouvernement national a également été soulevée. Le président de l’Assemblée provinciale craint qu’un éventuel départ de Marie-Thérèse Sombo ne prive la province de son poste au sein de l’exécutif central, sans garantie qu’un autre ressortissant de la Tshopo lui succède. Il a ainsi exprimé le souhait que la ministre puisse présenter ses explications aux autorités nationales et conserver ses fonctions.

Au cours de cette rencontre, le Dr Mateus Kanga a également abordé la situation sécuritaire du pays, appelant la population à collaborer avec les services compétents pour signaler tout mouvement suspect. Il a notamment évoqué les menaces qu’il attribue à Joseph Kabila, Corneille Nangaa et à leurs alliés rwandais dans le contexte de la crise sécuritaire dans l’est de la RDC.

Par ailleurs, le président de l’Assemblée provinciale a profité de l’occasion pour sensibiliser les membres de la délégation sur la maladie à virus Ebola, qui constitue une préoccupation sanitaire majeure dans la Tshopo. Il leur a rappelé l’importance du respect des mesures de prévention, notamment le lavage régulier des mains et la vigilance face aux symptômes suspects. Il a également mis en garde contre la banalisation de cette maladie.

À la fin de l’audience, Mateus Kanga a annoncé qu’il ferait parvenir le mémorandum aux autorités nationales ainsi qu’à la ministre Marie-Thérèse Sombo, afin de leur transmettre le message de soutien porté par les responsables de l’UDPS/Tshisekedi dans la province.

Cette rencontre aura ainsi mis en évidence deux préoccupations : la défense de la représentation politique de la Tshopo au gouvernement central et la nécessité de préserver le rôle constitutionnel de contrôle du Parlement, même lorsque les responsables concernés bénéficient d’un soutien politique.

Source : YOKA INFOS