
Une conférence scientifique consacrée à la prévention du cancer du sein a réuni, vendredi 30 octobre 2026, plus de 500 participants à la salle D.G. Esuka de l’Institut supérieur de commerce (ISC) de Kisangani. À l’initiative de Rosie Bolese, assistante à l’ISC, cette rencontre organisée dans le cadre d’Octobre Rose a permis de sensibiliser des étudiantes et étudiants issus de différentes facultés et universités sur les enjeux du dépistage précoce et de la prise en charge de cette maladie.
À l’origine de cette mobilisation, une initiative personnelle née sur les réseaux sociaux. Rosie Bolese explique avoir publié une courte vidéo sur Facebook pour présenter l’origine et la signification d’Octobre Rose, le mois consacré à la sensibilisation à la lutte contre le cancer du sein.
Cette publication a suscité plusieurs réactions, notamment des témoignages de jeunes femmes préoccupées par des anomalies constatées au niveau de leurs seins. Selon l’organisatrice, plus de dix jeunes filles lui ont signalé la présence de grosseurs mammaires dans leurs messages privés. Une autre femme l’aurait personnellement approchée après avoir constaté une différence entre ses deux seins et la présence d’une boule, avec une intervention chirurgicale envisagée le mois suivant.
Ces témoignages ont convaincu l’assistante de l’ISC de passer de la sensibilisation en ligne à une activité réunissant la communauté universitaire. Elle a ainsi sollicité les autorités de l’établissement afin de mettre en place un cadre d’échange autour d’une maladie qui, selon elle, reste encore entourée de silence et de tabous dans la société.

« Je me suis dit pourquoi ne pas organiser un cadre où on pourrait sensibiliser les gens », a-t-elle expliqué, soulignant que l’ISC constitue un espace important pour toucher les jeunes femmes, mais également l’ensemble de la communauté.
Parmi les interventions, celle de Marie-Thérèse Mokaria, médecin coordonnatrice provinciale du Programme national de santé de la reproduction (PNSR) dans la Tshopo, a porté sur la problématique du cancer du sein et l’importance du dépistage précoce.

La professionnelle de santé a notamment insisté sur les conséquences des consultations tardives, qui compliquent la prise en charge de la maladie. Son exposé a également abordé les aspects épidémiologiques aux niveaux mondial, national et provincial, afin de permettre aux participants de mieux comprendre l’ampleur du problème.
Elle a encouragé les femmes à pratiquer l’auto-observation de leurs seins et à rester attentives à tout changement inhabituel, notamment l’apparition d’une grosseur ou d’un nodule. Elle a recommandé de consulter rapidement un professionnel de santé en cas d’anomalie, rappelant que l’auto-examen ne remplace pas une évaluation médicale. Pour elle, la lutte contre cette maladie ne relève pas uniquement des femmes : les conjoints et les autres membres de la communauté ont également un rôle à jouer dans l’accompagnement et la sensibilisation.
La question de la prise en charge financière a également été abordée par le Dr Matthieu Bafoa. Son intervention a notamment mis en lumière le coût de certains médicaments utilisés dans les protocoles de chimiothérapie.

À titre d’exemple, il a évoqué le Paclitaxel, dont un flacon coûterait environ 120 dollars américains, selon les informations présentées. Il a expliqué que certains protocoles nécessitent plusieurs flacons et l’association de différentes molécules, ce qui peut alourdir les dépenses supportées par les patientes.
L’intervenant a également fait état de dispositifs de prise en charge existant à Kinshasa, notamment la possibilité d’accéder à des séances de radiothérapie gratuites dans un centre spécialisé. Il a toutefois souligné les difficultés supplémentaires auxquelles peuvent être confrontées les patientes vivant à l’intérieur du pays, particulièrement en raison des frais de déplacement et d’hébergement.
Au terme de la conférence, les participantes ont également exprimé leur satisfaction quant aux connaissances acquises. Marie-Thérèse Bosambi, l’une d’elles, a reconnu que ses connaissances sur le cancer du sein étaient jusque-là limitées.

Elle estime avoir bénéficié d’informations supplémentaires sur les moyens de prévention et l’importance du dépistage précoce. Saluant l’initiative, elle a souhaité que ce type d’activité puisse se poursuivre régulièrement afin de toucher davantage de personnes.
« Tout ce que nous recevons, nous devons mettre ça en pratique, parce que le cancer du sein est réel », a-t-elle déclaré, appelant les femmes comme les hommes à prendre cette maladie au sérieux.
Si cette conférence s’inscrit dans le cadre d’Octobre Rose, Rosie Bolese souhaite que la mobilisation ne s’arrête pas avec la fin du mois consacré à cette campagne. Pour elle, la sensibilisation doit se poursuivre dans les familles, les établissements d’enseignement et les différentes communautés.
« Ce n’est pas parce que le mois d’octobre est arrivé à la fin qu’on doit arrêter la sensibilisation. Partout où nous nous trouvons, nous pouvons sensibiliser pour sauver des vies », a-t-elle insisté.
À travers cette rencontre qui a rassemblé plus de 500 participants à l’ISC-Kisangani, l’initiatrice entend ainsi faire de la prévention une préoccupation permanente. Son message résume l’esprit de cette mobilisation : « Sensibiliser aujourd’hui pour prévenir l’avenir. »
Source : YOKA INFOS

Journaliste – Directeur de publication – Fondateur de YOKA INFOS
Raphaël ULAFIA ABDOUL est journaliste, directeur de publication et fondateur de YOKA INFOS. Licencié en droit, il assure la direction éditoriale du média et coordonne les activités de la rédaction. Il couvre principalement l’actualité politique, institutionnelle, judiciaire, sécuritaire, économique et sociale en République démocratique du Congo. À travers YOKA INFOS, il promeut un journalisme rigoureux, vérifié et accessible, au service de l’intérêt public.