

Des habitants de Ngungu, dans le territoire de Masisi au Nord-Kivu, auraient été conduits vers des zones de combat alors que de violents affrontements opposent depuis mardi 6 octobre 2026 les combattants de l’AFC/M23 aux groupes armés Wazalendo. La société civile locale accuse le M23 d’avoir rassemblé de force plusieurs civils avant de les acheminer vers Kasake, où les combats étaient en cours.
Selon plusieurs sources locales citées dans les informations recueillies sur place, des habitants de Ngungu auraient été rassemblés dès les premières heures de la matinée dans l’agglomération de Shovu, située au sud de la cité de Ngungu. Ils auraient ensuite été conduits en direction de Kasake, alors que les Wazalendo progressaient dans cette zone.
Les mêmes sources affirment que parmi les personnes déplacées figuraient notamment des jeunes et des personnes âgées. Elles auraient été placées à proximité des lignes de front, dans une zone où les affrontements entre les deux camps se poursuivaient.
Les raisons précises de cette présence de civils au milieu des combats restent toutefois à établir. Des sources locales avancent l’hypothèse que leur présence aurait pu être utilisée pour compliquer les opérations militaires, notamment l’emploi de drones, mais cette information n’a pas pu être vérifiée de manière indépendante.
Selon les témoignages recueillis par les acteurs locaux, l’arrivée de ces civils aurait également coïncidé avec un repli des Wazalendo d’environ trois kilomètres. Là encore, les circonstances exactes de ce mouvement restent à confirmer.
Cette situation intervient dans un contexte de reprise des affrontements dans plusieurs secteurs du territoire de Masisi, notamment autour de Kasake, Shovu et Ngungu. Ces combats aggravent davantage la situation des populations civiles déjà exposées aux conséquences des violences armées et aux déplacements.
Le recours forcé à des civils dans le cadre d’opérations militaires, s’il était confirmé, soulèverait de graves préoccupations au regard du droit international humanitaire. Les populations civiles doivent être protégées contre les effets directs des hostilités et ne doivent pas être utilisées pour participer ou contribuer aux opérations militaires.
Des organisations internationales ont déjà documenté des cas de recrutement forcé et d’autres abus attribués aux parties impliquées dans les violences dans l’est de la RDC. Ces précédents renforcent la nécessité de vérifier rapidement les nouvelles allégations rapportées à Masisi.
À ce stade, les accusations formulées par la société civile locale nécessitent encore des vérifications indépendantes et une réaction des parties mises en cause. Une confirmation des faits permettrait notamment de déterminer les circonstances dans lesquelles ces civils auraient été conduits vers les zones de combat et les éventuelles responsabilités.
Source : YOKA INFOS

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