22 octobre 2026
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Jean-Claude Tshisekedi, fils aîné de l’ancien opposant Étienne Tshisekedi, a vivement regretté ce qu’il considère comme un éloignement des idéaux politiques défendus par son père.

Lors d’un vernissage organisé en mémoire de Marthe Kasalu, il a dénoncé la place croissante accordée, selon lui, aux intérêts particuliers au détriment de l’intérêt collectif, dans une déclaration faite en présence de plusieurs personnalités politiques, dont son frère, le président Félix Tshisekedi.

« Le slogan cher à notre papa, LE PEUPLE D’ABORD, est devenu LE CARRÉ MINIER D’ABORD, les petites affaires d’abord. On ne travaille plus pour la collectivité », a déclaré Jean-Claude Tshisekedi, selon un article publié le 20 octobre 2026 par le média Mbote.

Cette formule, qui oppose le slogan historique d’Étienne Tshisekedi aux intérêts miniers et privés, résume sa critique de l’évolution des priorités politiques en République démocratique du Congo. À travers ces propos, le fils aîné du défunt opposant exprime son regret de voir, à ses yeux, l’intérêt général perdre sa place centrale dans l’action des dirigeants.

Le slogan « Le peuple d’abord » occupe une place importante dans l’héritage politique d’Étienne Tshisekedi, figure historique de l’opposition congolaise et cofondateur de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS). Il renvoie à l’idée que les décisions publiques doivent d’abord répondre aux besoins de la population plutôt qu’aux intérêts personnels ou aux calculs politiques.

La déclaration de Jean-Claude Tshisekedi intervient dans un contexte où la gestion des ressources naturelles et les intérêts économiques liés au secteur minier alimentent régulièrement le débat public. En évoquant le « carré minier », il établit un contraste entre les promesses politiques faites à la population et ce qu’il perçoit comme une priorité accordée aux intérêts particuliers. Ses propos ne constituent toutefois pas, à eux seuls, une preuve d’irrégularité dans la gestion des ressources minières.

La portée de cette sortie tient également au cadre dans lequel elle a été prononcée. D’après Mbote, Jean-Claude Tshisekedi s’est exprimé lors d’une cérémonie consacrée à un ouvrage en mémoire de Marthe Kasalu, en présence de plusieurs personnalités de l’Union sacrée, dont le président Félix Tshisekedi. Cette prise de parole publique contraste avec la discrétion habituellement attribuée au fils aîné d’Étienne Tshisekedi, établi à Bruxelles.

Au-delà de la dimension familiale, cette déclaration remet sur la table une question politique majeure : comment préserver l’héritage d’un slogan qui a longtemps symbolisé la défense du peuple dans un contexte marqué par les enjeux économiques et miniers ? Jean-Claude Tshisekedi n’a pas seulement rappelé les paroles de son père ; il a exprimé une critique de ce qu’il considère comme un décalage entre cet héritage et les priorités actuelles.

Sa sortie relance ainsi le débat sur la place de l’intérêt collectif dans la gouvernance du pays. Reste à savoir si cette prise de parole suscitera des réactions au sein de la classe politique et ouvrira une discussion plus large sur la fidélité aux idéaux d’Étienne Tshisekedi.

Source : YOKA INFOS