16 octobre 2026
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Le directeur général d’Africa CDC, Dr Jean Kaseya, a réclamé davantage de transparence sur les financements mobilisés pour lutter contre l’épidémie d’Ebola en République démocratique du Congo. Dans une déclaration publiée sur X ce jeudi 15 octobre 2026, il affirme que près de 962 millions de dollars américains ont été décaissés directement par les bailleurs aux organisations internationales et aux ONG, tandis que les autorités congolaises ne disposeraient d’informations financières que sur environ 220 millions USD.

« Plus de 700 millions USD restent sans informations suffisantes auprès des autorités nationales », déplore Jean Kaseya, qui juge cette situation « inacceptable ». Pour le responsable d’Africa CDC, cette insuffisance d’informations complique la coordination de la riposte et soulève des interrogations sur l’utilisation des ressources ainsi que sur les résultats obtenus sur le terrain.

Dans sa déclaration, le dirigeant insiste sur la nécessité de permettre aux autorités congolaises de disposer d’une vision claire des financements engagés dans la lutte contre la maladie. Il s’interroge notamment sur la capacité du pays à coordonner efficacement les opérations sans connaître précisément les ressources disponibles, leur utilisation et les résultats qu’elles produisent.

Jean Kaseya précise que les quelque 962 millions USD évoqués ont été décaissés directement par les bailleurs de fonds aux organisations internationales et aux ONG participant à la riposte. Il souligne ainsi que cet argent n’a pas été versé au Gouvernement congolais, une distinction importante alors que des interprétations circulent sur les réseaux sociaux au sujet de la gestion de ces ressources.

La déclaration ne constitue donc pas, en elle-même, une accusation de détournement contre les autorités congolaises. Elle met plutôt en cause l’insuffisance des informations financières transmises aux institutions nationales sur les fonds gérés directement par les partenaires impliqués dans la réponse à l’épidémie.

Pour le directeur général d’Africa CDC, le leadership de la RDC dans la riposte doit s’accompagner d’une obligation de rendre compte de la part de tous les intervenants.

« La RDC dirige cette riposte. Tous les partenaires doivent respecter son leadership et rendre compte de leurs actions et de leurs financements », affirme-t-il.

Au-delà des chiffres, Jean Kaseya rappelle les conséquences humaines de l’épidémie, évoquant les familles endeuillées et les communautés qui attendent des résultats concrets. Il estime que chaque dollar mobilisé doit contribuer à la protection des vies et que les organisations engagées doivent pouvoir justifier l’utilisation des ressources mises à leur disposition.

Africa CDC annonce, pour sa part, son intention d’accompagner les autorités congolaises afin de clarifier la situation financière. Cette démarche devrait contribuer à améliorer la traçabilité des fonds et à renforcer la coordination entre le gouvernement et les partenaires internationaux.

La question centrale reste désormais celle de la communication des données financières détaillées sur les sommes concernées. La publication de Jean Kaseya ne précise pas, à elle seule, l’utilisation exacte de la part des financements sur laquelle les autorités congolaises ne disposent pas d’informations suffisantes. Des éléments complémentaires des organisations concernées seront donc nécessaires pour établir un état précis des décaissements, des dépenses réalisées et des résultats obtenus dans la riposte contre Ebola.

Par : Fortunat MUAYILA

Source : YOKA INFOS

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