
À la veille de la journée ville morte annoncée par l’opposition, Moïse Katumbi a réaffirmé son rejet de toute initiative visant à réviser la Constitution de la République démocratique du Congo. L’opposant appelle les Congolais à se mobiliser pacifiquement pour défendre l’ordre constitutionnel et interpeller les autorités sur les priorités nationales.
La tension politique monte d’un cran en République démocratique du Congo à l’approche de la journée ville morte prévue ce mercredi 3 juin 2026. Parmi les figures de l’opposition les plus engagées dans cette mobilisation, Moïse Katumbi a renouvelé son opposition à toute réforme constitutionnelle qu’il juge inopportune dans le contexte actuel du pays.
À travers une déclaration rendue publique ce lundi, le président du parti Ensemble pour la République a invité les citoyens à participer à cette action de manière pacifique. Pour lui, les débats autour d’une éventuelle modification de la Constitution ne répondent pas aux préoccupations urgentes de la population, confrontée à de nombreux défis sécuritaires, économiques et sociaux.
Cette prise de position intervient alors que plusieurs formations politiques de l’opposition, regroupées au sein de plateformes citoyennes et politiques, multiplient les appels à la mobilisation contre ce qu’elles considèrent comme une tentative de remise en cause de l’équilibre institutionnel du pays.
Selon Moïse Katumbi, la priorité devrait être accordée au retour de la paix dans l’est de la RDC, où les populations continuent de subir les conséquences des conflits armés. L’ancien gouverneur du Katanga estime également que les efforts des autorités devraient se concentrer sur l’amélioration des conditions de vie des Congolais, la lutte contre la pauvreté et la consolidation de l’unité nationale.
L’appel à la journée ville morte intervient dans un climat politique déjà marqué par des débats nourris autour de la gouvernance et de l’avenir des institutions. Les partisans de cette mobilisation la présentent comme une démarche citoyenne destinée à exprimer démocratiquement des préoccupations jugées légitimes.
Dans plusieurs villes du pays, les organisateurs espèrent une forte adhésion de la population. Ils affirment que cette action vise non seulement à défendre la Constitution, mais aussi à attirer l’attention sur les défis sécuritaires persistants, notamment dans les provinces de l’Est où les violences continuent de provoquer des déplacements massifs de populations.
Du côté de la majorité au pouvoir, certaines voix estiment au contraire que les institutions fonctionnent normalement et appellent les citoyens à poursuivre leurs activités habituelles. Cette divergence de positions illustre la polarisation croissante du débat autour des questions constitutionnelles et politiques.
Pour les analystes, l’importance prise par ce dossier démontre à quel point les enjeux institutionnels occupent désormais une place centrale dans le débat public congolais. La journée du 3 juin pourrait ainsi servir de baromètre pour mesurer la capacité de mobilisation des forces de l’opposition sur l’ensemble du territoire national.
À quelques heures de cette échéance, l’attention reste tournée vers les grandes agglomérations du pays. Quelle que soit l’ampleur de la mobilisation, cette initiative confirme que le débat sur l’avenir institutionnel de la RDC demeure l’un des sujets politiques les plus sensibles du moment.
