
À l’approche de l’entrée en vigueur, prévue le 15 novembre 2026, de l’interdiction de naviguer imposée aux baleinières en bois sur le fleuve Congo et ses affluents, le président de l’Assemblée provinciale de la Tshopo, Dr Mateus Kanga Londimo, demande au gouvernement central d’accorder une période transitoire de douze mois pour le transport des marchandises. Il redoute des perturbations de l’approvisionnement, des pénuries alimentaires et une hausse des prix des produits de première nécessité si des moyens de transport alternatifs ne sont pas disponibles à temps.
Dans une correspondance adressée au vice-Premier ministre et ministre des Transports, Voies de communication et Désenclavement, Jean-Pierre Bemba, le président de l’organe délibérant de la Tshopo plaide pour une application progressive de cette mesure, en tenant compte des réalités économiques et logistiques de la province.
En Tshopo, le transport fluvial reste un maillon important de l’approvisionnement des populations. Kisangani et plusieurs territoires, notamment Isangi, Opala, Basoko, Yahuma et Ubundu, dépendent en partie des voies navigables pour l’acheminement des denrées alimentaires et d’autres marchandises essentielles.
Dans ces conditions, l’arrêt du transport de marchandises par les baleinières en bois, sans solutions de remplacement adaptées, pourrait perturber les échanges commerciaux et compliquer l’accès aux produits de première nécessité. C’est ce risque que Mateus Kanga Londimo demande aux autorités nationales d’anticiper avant l’échéance du 15 novembre.
Le président de l’Assemblée provinciale ne remet toutefois pas en cause l’objectif de sécurisation de la navigation fluviale. Il reconnaît la nécessité de prévenir les naufrages et les pertes en vies humaines, mais estime que la mise en œuvre de cette interdiction doit également tenir compte de la dépendance de certaines localités au transport par voie d’eau.
Sa démarche privilégie d’abord le report de la mesure jusqu’à la mise en place de solutions alternatives adaptées aux besoins de la Tshopo. À défaut d’un report, il sollicite un moratoire d’au moins douze mois permettant aux opérateurs économiques de préparer progressivement le remplacement des embarcations concernées.
Cette période transitoire serait cependant assortie d’une restriction importante : le transport de passagers à bord de ces baleinières resterait interdit. La proposition vise ainsi à maintenir temporairement l’acheminement des marchandises tout en limitant les risques liés au transport de personnes.
Pour les commerçants et les populations qui dépendent de ces circuits d’approvisionnement, l’enjeu est de pouvoir continuer à recevoir les produits essentiels sans subir une rupture brutale des échanges. Une hausse des coûts de transport pourrait également se répercuter sur les prix de vente, même si l’ampleur de cet éventuel impact reste à déterminer.
La demande de Mateus Kanga Londimo place donc le gouvernement central devant un double impératif : renforcer la sécurité sur les voies navigables et éviter que l’application de la mesure ne fragilise davantage l’approvisionnement des territoires enclavés de la Tshopo.
À ce stade, la proposition de moratoire constitue une demande adressée au gouvernement. La décision des autorités nationales sur un éventuel report ou sur l’octroi d’une période transitoire sera déterminante pour connaître les conditions dans lesquelles le transport des marchandises pourra se poursuivre après le 15 novembre 2026.
Source : YOKA INFOS

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